Nous avons pu le voir, les pharmaciens ont joué un rôle fondamental dans les recherches sur la protection contre les gaz. La multiplicité de leurs fonctions et la polyvalence de leurs connaissances leur à permis de contribuer activement à la mise en place, puis à l’amélioration des moyens de lutte contre les effets des gaz. Les pharmaciens régimentaires, divisionnaires ou toxicologues, de corps d’armée, de laboratoire de toxicologie, de centre médico-légal, et tous ceux présents aux armées, ont tous participé à la défense de la nation : en premier lieu dans la recherche et la détermination des gaz employés par l’ennemi, en commençant par la récupération des munitions toxiques sur le terrain, puis par le démontage de ces munitions et la caractérisation de leurs toxiques. Beaucoup se sont exposés à l’action de ces gaz, soit pendant les expériences d’études, soit pendant les démonstrations pratiques faites aux troupes pour expliquer l’efficacité des appareils protecteurs. Ils sauront mettre en place les premières mesures de protection dans les corps de troupe au lendemain de l’attaque du 22 avril 1915. Ils sauront réaliser leur fabrication, puis leur modification et leur amélioration avant la mise en place des Services chimiques. Ils centraliseront tous les renseignements qu’ils pouront recueillir sur les attaques chimiques. Ils formeront et éduqueront les hommes à la mise en place de leurs appareils et leur donneront confiance en ces moyens de protection en les faisant passer dans les chambres infectées. Beaucoup d’entre-eux proposèrent, à la Commission, pendant toute la durée de la guerre, des appareils mis au point par leurs soins ou des modifications sur ceux existant. Certains d’entre-eux seront chargés d’étudier la capacité résiduelle des masques après les attaques toxiques. En juillet 1917, leur rôle sera encore renforcé par le rattachement au sein de chaque régiment d’un pharmacien attaché à l’Etat-major. L’apparition de l’ypérite montrera combien ils pouvaient être utiles à ce poste. Nous avons vu succinctement que leur rôle était resté d’actualité pendant la campagne de 1939 à 1940, d’abord dans la protection contre les gaz, mais aussi dans leur rôle sanitaire. Citons par exemple le laboratoire Z de la 1ère armée, exposé au feu de l’ennemi pendant la période du 10 mai au 5 juin 1940, le conduisant de la Belgique jusqu'à Dunkerque et Zuydcoote. Le médecin Muller commandant le laboratoire décernera 6 citations non ratifiées après l’armistice, dont une à chacun des cinq pharmaciens du laboratoire : au pharmacien lieutenant Chaigneau marcel, au pharmacien lieutenant Buisson Maurice, au pharmacien auxiliaire Vittu christian, au pharmacien auxiliaire Guinamard Georges, et au pharmacien auxiliaire Rolland, pour ‘’actes de bravoure, preuve d’un cran admirable, pour avoir donné à tous, sous le bombardement, l’exemple du plus grand sang-froid’’. Le Service de santé de la 1er armée perdra 59 de ses officiers pendant la même période.
Début juin 1915, la Commission des gaz asphyxiants était créée, puis remplacée par la Commission des études chimiques de guerre le 18 juin. Sur la vingtaine de membres composant la toute jeune Commission, on trouvait deux pharmacien : Lebeau et Bertrand. Le 18 août 1915, trois sous-commissions étaient encore constituées, séparant les études d’agression et de protection. Le 17 septembre 1915, l’IEEC était établie avec ses deux sections : la section des produits agressifs et la section de protection :
- La section des produits agressifs comportait alors 11 membres dont le président, le colonel Perret. Quatre d’entre-eux étaient pharmaciens :
- La section de protection, elle aussi composée de 11 membres avec le même président, le colonel Perret ; quatre pharmaciens en font également partie :
L’IEEC pratiquait ses études et ses expérimentations dans une quinzaine de laboratoires qui lui étaient attachés. Ces laboratoires étaient presque tous sous la direction d’un membre de l’une des deux commissions. Celui-ci s’entourait généralement de proches collaborateurs, souvent pharmaciens (sur la centaine de personnes travaillant dans ces laboratoires, plus de cinquante étaient pharmaciens). Cinq de ces laboratoires se trouvaient à l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris : celui du professeur Moureu, auquel seront rattachés ceux des professeurs Joseph Bougault et d’Amand Valeur, celui du professeur Lebeau et également celui du professeur Delépine.
Parmi toutes les personnes ayant contribué à l’élaboration des moyens de protection français, il en est une qui joua un rôle essentiel. Il s’agit bien sûr de Paul Lebeau, à qui l’on doit l’ensemble des mesures de protection individuelles contre les gaz de combat.
Le 19 décembre 1868, naissait Paul, Marie, Alfred Lebeau. Issu de milieu modeste, son père était marchand-tailleur, il passait son enfance dans son village natal de Boiscommun, dans le Loiret. Après avoir acquis son certificat d’études, il se présentait, sous l’impulsion de son instituteur, à l’examen d’admission de l’enseignement primaire supérieur à Orléans, qu’il réussissait brillamment. En 1885, à 17 ans, il passait le concours d’entrée à l’Ecole de physique et de chimie industrielle de la ville de Paris. Il en obtenait le diplôme trois années après. Il débutait alors dans la recherche au sein d’un laboratoire de l’école, puis entrait, grâce à son ancien patron, dans l’équipe de chercheurs de Moissan, à l’Ecole supérieure de pharmacie. Tout en y travaillant, il accomplissait son stage officinal d’une durée de trois ans, sa scolarité officinale, trois années également, puis sa licence et enfin sa thèse. En 1898, il obtenait le Doctorat ès sciences physiques, et en 1899, l’Agrégation de pharmacie. Vers 1900, son maître de recherche, Moissan, était nommé à la Faculté des Sciences et emmenait avec lui à la Sorbonne Paul Lebeau, qui était devenu son chef de laboratoire. Moissan devait décéder subitement le 20 février 1907 d’une infection hépato-intestinale, et Lebeau qui aurait dû succéder à Moissan laissa la place à Henry Le Chatelier. En 1908, il revenait à l’Ecole supérieure de pharmacie, où il était nommé à la Chaire de toxicologie.
A la mobilisation en août 1914, Lebeau avait 46 ans et était exempté de service actif. La majeure partie de ses collaborateurs furent mobilisés. Après les événements du 22 avril 1915 (première attaque par vague sur Ypres), Weiss, alors à la tête de la Section des études et expériences de la Commission des gaz asphyxiants, fit appel aux connaissances de toxicologie de Lebeau. Il réclamait alors ses anciens élèves et collaborateurs aux armées, et mit à nouveau sur pied son laboratoire qui allait désormais se charger de la protection individuelle. Il allait s’occuper également d’un laboratoire d’analyse des viscères d’hommes intoxiqués, en collaboration avec le professeur Mayer du collège de France.
Après les balbutiements et les premières mesures de protection adoptées, Lebeau allait prendre une place de plus en plus importante dans les études de protection. En premier lieu, il allait élaborer la solution de ricin-ricinate qui serait retenue le 26 juillet 1915 comme protection contre les lacrymogènes. Convaincu de l’intérêt de l’utilisation de gaze plutôt que d’étoupe comme support pour les produits neutralisants, il sera l’instigateur du changement de l’étoupe pour la gaze. Il entreprendra à partir d’août 1915 des recherches sur le type de gaze à utiliser (largeur des mailles, nombre d’épaisseur de gaze) et sur les solutions d’imprégnation. De nombreux essais réalisés sur les neutralisants, avec la collaboration de ses élèves, seront menés dans son laboratoire pour aboutir à la mise au point des solutions d’acétate basique de nickel et de sulfanilate de soude. La majeure partie des expériences menées, avec les huiles lourdes de houille, sur la polyvalence des cagoules, seront réalisées également à l’Ecole supérieure de pharmacie, par son équipe. Dès octobre 1915, il proposait la substitution des compresses C2 et C3 par sa formule à la Néociane qui devait être adoptée le 16 novembre. La constitution des appareils T, TN, TNH, LTN ainsi que la transformation des tampons P2 en masque T sont, en partie, le fruit de son travail. Persuadé de l’intérêt de substituer les lunettes et le tampon par un appareil complet, il sera l’instigateur de l’adoption du M2. D’ailleurs, à partir de 1916, la majeure partie des études menées dans le domaine de la protection individuelle seront réalisées dans son laboratoire. L’aboutissement en sera la sortie de l’ARS durant l’année 1917, avec la mise au point des charbons absorbants (l’ARS sera jugé comme le meilleur des masques par tous les spécialistes internationaux). Il élabora encore les filtres contre arsine, et ses études permettront de rendre plus efficaces les appareils Tissot. Il participa également à toutes les recherches inhérentes à la protection : étude des appareils de protection ennemis, de leur constitution et de leur polyvalence, étude de la capacité restante des appareils de protection français après une attaque toxique, essais et mise au point de détecteurs de gaz, etc.
Après l’Armistice, il continua, outre son travail de recherche de l’avant guerre, a être conseiller de la Défense nationale et poursuivit ses recherches sur la protection au sein de l’IEEC. En 1939-1940, il faisait partie de l’Etat-major de la défense contre les gaz. Pour les services apportés à l’armée et à la nation, il fut nommé au grade de Chevalier de la Légion d’honneur en 1917, puis Officier en 1921 et enfin Commandeur en 1948. A cette occasion, le général Dassault, Grand chancelier de la Légion d’Honneur, déclarait : « On peut dire sans exagération que vous avez puissamment contribué à la victoire de 1918 : vous avez en effet sauvé notre armée d’un terrible danger (…), et vous lui avez fourni les moyens d’une riposte éclatante ».
Paul Lebeau s’éteignit en 1959, dans sa 91e année.
Pharmacien et chimiste français, Gabriel Bertrand fut sans doute, parmi les savants de son époque, celui dont les travaux et les recherches ont exercés le plus d'influence dans des domaines aussi variés que la chimie, la pharmacie, la thérapeutique, la physiologie, la médecine, l’hygiène, l’agriculture…Il est né le 17 mai 1867 à Paris 5e. Il sortait bachelier de l’enseignement spécial en 1886 et devenait stagiaire à l’Ecole de pharmacie, puis pharmacien de première classe en 1894. Il voyagera en Allemagne ou il visitera les principaux laboratoires de chimie biologique, puis obtiendra son Doctorat ès Sciences en 1904. Mais il reste au Muséum, d'abord comme préparateur bénévole de Louis Maquenne (1889) au laboratoire de Pierre-Paul Dehérain, puis comme préparateur à la chaire de chimie appliquée aux corps organiques (professeur Albert Arnaud). Il n'a alors que vingt-trois ans. En 1897, Émile Duclaux, successeur de Pasteur à la direction de l'Institut Pasteur, l'appelle au poste de chef de service. Sa thèse de doctorat, sur la biochimie de la bactérie du sorbose, lui vaut d'être nommé chargé de cours à la Sorbonne en 1905. Titulaire de la chaire de chimie biologique de la faculté des sciences de l'université de Paris, il restera simultanément chef de service à l'Institut Pasteur.
Bertrand proposa au général en chef, dès janvier 1915, l’utilisation de substances agressives (la chloracétone) dans une grenade mise au point par ses soins. Son projet fut adopté et dès le mois d'avril 1915, fut distribué aux troupes une grenade portant son no , chargée de 25g de chloracétone. Il sera l’un des premiers conseillers du ministre de la Guerre après le 22 avril 1915, et participa donc à la première réunion du 28 avril 1915 relative aux gaz asphyxiants. Il est membre de la Section des produits agressifs et de la Section de protection de l'I.E.E.C. et son laboratoire est situé à l'Institut Pasteur. Ses principaux collaborateurs pharmacien furent Maurice Javillier, Monsieur Sazerac et Madame Rosenblatt. Il fut d’emblée l’un des chercheurs les plus actifs dans le domaine de la protection, qu’il dut se résoudre à laisser de côté pour se consacrer à l’agression. Force de proposition, ses profondes connaissances en chimie en feront un acteur important des nombreuses recherches menées sur les différentes substances agressives. La liste des honneurs qu’il reçut en reconnaissance de ses travaux est impressionnante ; il sera élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur à titre militaire en 1934 et plusieurs fois nominé au prix Nobel de chimie.
Gabriel Bertrand devait décéder le 20 juin 1962 à l’Institut Pasteur.
Il entrera rapidement dans la Section de protection de la Commission où son rôle allait vite prendre de l’importance, notamment dans les études menées sur la protection collective. Il participera activement, en collaboration avec Lebeau, à la mise au point des masques T et TN en 1915. Puis, en collaboration avec Guillemard et Labat, dans son laboratoire de protection collective de la Faculté de médecine, il mena des recherches relatives à la neutralisation des substances agressives. Ainsi, il put mettre au point les solutions d’hyposulfite utilisées dans les pulvérisateurs Vermorel. Il étudia ensuite la substitution de celle-ci par le foie de soufre. Puis, en 1917, dès l’apparition de l’ypérite, il élabora la neutralisation de celle-ci par le chlorure de chaux. Enfin, il mit au point un procédé de nettoyage des vêtements infectés, à l’aide d’eau bouillante.
De nombreux pharmaciens participèrent aux recherches menées à l’IEEC, plus particulièrement dans des laboratoires de contrôle des substances chimiques ou des appareils protecteurs. D’autres se chargeront de l’élaboration des substances agressives et des moyens de diffusion de celles-ci. Enfin, certains d’entre-eux auront à jouer un rôle dans l’instruction des officiers sur les notions de gaz de combat. Il est impossible ici de les nommer tous et d’expliquer, même succinctement, leur tâche. Nous ne citerons que les plus célèbres, sans oublier le rôle que jouèrent les autres.
Chef du laboratoire d'essai de la Pharmacie Centrale des Hôpitaux avant la guerre, pharmacie aide major de 2e classe, fera fonction de sous-chef du laboratoire de contrôle à l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris.
Collaborateur de Lebeau.
Collaborateur de Charles Mourreu, pharmacien aide major. Il étudia nottament la bromacétone et la bromométhyléthylcétone.
Jacques-Charles Bongrand, collaborateur de Mourreu. Né en 1884, diplômé en 1912, ingénieur chimiste et licencié en sciences. Pharmacien de 1er classe et préparateur à l’Ecole Supérieure de Pharmacie de Paris, il fut incorporé dans une unité combattante au début du conflit, en 1914, au sein du 168e Régiment d’Infanterie. Il fut promu sous-lieutenant le 15 février 1915 et le lendemain, il menait ses hommes à l’assaut au Bois-le-Prêtre, sur les hauteurs de Pont-à-Mousson, en Lorraine. Tous tombèrent dans cette attaque et lui même fût gravement blessé ; on le releva avec l’épaule broyée et un éclat d’obus dans le poumon, il était le seul survivant. Après le 22 avril 1915 et l’attaque allemande au chlore sur Ypres, il se porte volontaire pour travailler au laboratoire du professeur Moureu (Charles Moureu, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, professeur de pharmacie chimique à l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris) avant même la fin de sa convalescence. En compagnie de Moureu et du pharmacien aide-major Dufraisse, il travaille sur différentes substances agressives au laboratoire du Collège de France, rattaché à la section des produits agressifs des Services Chimiques. Au laboratoire, le sous-lieutenant Lepape (pharmacien et préparateur au laboratoire de Moureu) et Moureu mettent au point un procédé de stabilisation de l’acroléine, nommée « papite » au cours de l’été 1915. Bongrand participe aux expérimentations et aux essais de la « papite ». En octobre 1915, Dufraise devait être griévement blessé lors de travaux sur l’iodure de benzyle ; substance qui fut adoptée sous le nom de « fraissite » en hommage à Dufraisse et ses recherches. Bongrand étudiait avec l’aide du pharmacien Rigaut (préparateur à la Faculté des Sciences de Paris) la chloracétophénone, testée en puit d’éclatement dès août 1915. Bongrand poursuivit ses études et la chloracétophénone fut baptisée « grandite » en raison de l’importance de ses travaux. Cette substance est connue aujourd’hui sous l’appellation CN. Mais une fois remis de ses blessures, il décida d’abandonner ses recherches pour retourner au front. Moureu réussit momentanément à le retenir et la « grandite » fut adoptée comme agressif chimique de premier plan. Une fois ses travaux sur la chloracétophénone terminés, Bongrand décida de quitter le laboratoire et de retourner au combat : « J’ai sur le cœur, déclara-t’il comme argument décisif, la mort de mes quinze hommes qui furent tués à mes côtés. Je veux les venger. Je reviendrai ensuite faire avec vous la guerre chimique, si mes services peuvent encore vous être utiles ». Le 15 avril 1916, Charles Bongrand été tué d’une balle reçue en pleine tâte à Reillon en Meurthe-et-Moselle, au front.
Professeur de pharmacie galénique, puis de chimie analytique à l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris. Il réalisa de nombreux travaux sur les arsines.
Collaborateur de Mourreu.
Chelle, travailla avec plusieurs pharmaciens (Tiffeneau, Deniges, Damiens, Labat, Bertrand, Bougault et Lebeau) à caractériser différents toxiques et leurs résidus dans l'organisme, suite à une intoxication. Avec Tiffeneau, il mis en évidence la présence de formol suite à l'intoxication à la palite. Dès fin 1915, avec Deniges, il proposa un réactif permettant de caractériser la présence de brome (qui fut modifié par Lebeau en 1916). Fin 1917 avec André Kling, ils élaborent une méthode de dosage de l'arsénic dans les viscères, avec l'aide de Joseph Bougault.
Vers 1907, il entre à l'Ecole de pharmacie de Paris et se passionne pour la chimie. Defacqz, alors chef de travaux et observant ses qualités le prédisposant aux études scientifiques, décide de le présenter à Lebeau qui l'initie aux méthodes de la chimie minérale. En 1910, il passe avec succès le concours de l'internat et l'année suivante est reçu comme pharmacien. Il décide alors de se consacrer à la recherche. En 1913, il est chargé du cours de chimie biologique à l'Ecole supérieure de Nancy en même temps qu'il prépare un concours d'agrégation qu'il réussit et qui lui permet d'être nommé agrégé près de l'Ecole de pharmacie de Paris. Il est mobilisé comme pharmacien aide major de 2e classe dans un train sanitaire. En 1915, il intègre les Services chimiques et devient un collaborateur de Lebeau aux services chimiques. Avec Picon, ils se chargeaient souvent des essais réels des appareils protecteurs, sans se soucier des risques que cela comportait ; ils seront plusieurs fois intoxiqués. Il est travaille dans des domaines variés, comme la toxicologie et la chimie analytique du brome. Après guerre, il poursuit ses travaux avec Lebeau, notamment sur les mélanges gazeux, le fluor, le sélénium et les tellures. Il est nommé à la chaire de chimie minérale en 1929, puis doyen de la faculté en 1938. En 1939, il réintègre les services chimiques et oeuvre à nouveau pour la défense nationale. Ardent défenseur de la création d'un Ordre national des pharmaciens, Augustin Damiens en est le premier président Professeur de chimie minérale en 1945. Il initie la création, en 1939, du doctorat d’Etat en pharmacie. Tout au long de sa carrière, son ambition sera de former des étudiants et des pharmaciens dignes de leur mission, de donner à la pharmacie des statuts adaptés au service du bien public et de fonder un Ordre national des pharmaciens gardien des intérêts moraux de la profession.
Defacqz, pharmacien major de 2e classe, collaborateur de Lebeau.Il était chef de travaux pratiques à l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris. En décembre 1915, il fut nommé directeur du laboratoire de contrôle des fabrications des masques et appareils de protection contre les gaz. Ses principaux collaborateurs furent Allard, Poissonnier et Gin. Le laboratoire était chargé de s'assurer de la qualité des masques fabriqués tout au long de leur fabrication. Tous les jours étaient pratiqués des essais de durée de vie des masques en atmosphère viviée (chlore, lacrymogène et phosgène) avec le concours de huit hommes mise à la disposition du laboratoire. Le chef de service, le pharmacien Gin, vérifiait ensuite lui-même que chaque masque était réellement épuisé.
Marcel Delépine, agrégé de l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris en chimie et toxicologie en 1904, puis professeur de minéralogie et d’hydrologie à l’école Supérieure de pharmacie de Paris en 1913. Il sera mobilisé dans le Service de Santé à Nantes en août 1914, en tant que pharmacien aide-major, puis major. Membre de la Section des produits agressifs. Ses principaux collaborateurs pharmaciens furent Douris, Fleury, Ville, Lafore et Duval, ainsi que par Alligier, Charpentier, Razous.Il travailla avec Gabriel Bertrand dès l'été 1915 sur différentes substances agressives, comme le chlorosulfure de carbone. Il sera détaché à la mission Curmer du Génie en mai 1915 où il mettra au point, avec Bertrand, la première substance agressive française, le BD1, des initiales de ses concepteurs. Puis, toujours en collaboration avec Bertrand, il élabora la Claircite. A la création de l’ECMCG, dirigé par le commandant Papon dès le premier juillet 1915, il sera chargé au sein de cet établissement de diriger un laboratoire de réception des différents produits chimiques, particulièrement ceux provenant des usines de produits agressifs. Il continuera ses études sur les substances agressives dans son laboratoire de l’Ecole supérieure de pharmacie jusqu'à la fin de la guerre. En novembre 1915, il sera nommé membre de la section d’études de la poudrerie du Bouchet, où il travailla notamment sur le chargement des munitions en toxique. Il fera partie de l’IEEC jusqu’en 1939 et participera aux études de celle-ci pendant la campagne de 1939-1940. Il sera nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1917, à titre militaire, puis promu officier en 1923. Marcel Delépine a comme maître Marcellin Berthelot auquel il succède en 1930, après Charles Moureu, à la chaire de chimie organique du Collège de France. Il fait partie du groupe de huit personnalités du monde scientique qui en 1930, organise la Recherche française : ils créent la Fondation pour la recherche scientique qui est reconnue d’utilité publique par décret du 19 février 1931, qui deviendra en 1939 le C.N.R.S.. Couronné par l'Académie des Sciences, il devint membre de cette institution et ainsi membre de l’Institut. Il fut récompensé par le CNRS dont il reçu la médaille d'or. Il a été membre des Académies de Pharmacie et de Médecine et Commandeur dans l’Ordre de la Légion d'Honneur.
Pharmacien.
Alexandre Desgrez, professeur à la faculté de médecine de Paris, pharmacien. Il sera chargé des études de protection collective. Avec ses collaborateurs, Labat et Guillemard, ils travaillèrent à la mise au point d’une pommade de protection contre l’ypérite. Ils proposèrent en mai 1918 une vaseline à 10% de chlorure de chaux, qui devait protéger la peau contre l’ypérite, ou plutôt en diminuer les effets vésicants. Les trois pharmaciens n’avaient pas hésité à exposer leurs avant-bras, préalablement recouverts de cette pommade, à des vapeurs d’ypérite pour en apprécier la protection. Ils iront jusqu'à essayer leur remède après exposition de leurs bras. Ayant ainsi démontré le rôle qu’elle pouvait jouer dans l’atténuation des lésions provoquées par les vésicants, la pommade sera adoptée et portera le nom de ‘’pommade Z’’.
Collaborateur de Delépine, pharmacien aide major de 1er classe. Interne des hôpitaux de Paris jusqu'en 1914 où il est nommé agrégé de chimie et de toxicologie en rempacement de Girardet à l'Ecole de pharmacie de Nancy. Il ne pourra pas rejoindre son poste à cause du conflit qui éclate. Mobilisé comme pharmacien aide major de 2e classe, il fut rappelé par Delépine, son ancien patron, en octobre 1915, pouir prendre fonction dans son laboratoire d'adjoint au chef de service et diriger l'équipe de chercheurs avec Delépine. En juillet 1916, il fut gravement intoxiqué à plusieurs reprises par des gaz asphyxiants et dû intérrompre ses travaux pendant son hospitaliasation qui devait durer plusieurs mois. Il gardera des séquelles de cette intoxication toute sa vie. Le 10 décembre 1917, tout en restant dans le cadre de la Section technique des études chimiques de guerre, il est détaché alors qu'il est toujours convalescent au laboratoire de l'Institut prophylactique où il reste jusqu'en 1919.Reçu au concours de l'agrégation de chimie et toxicologie cette année, il a exercé à la Faculté de Pharmacie de Nancy les fonctions de professeur titulaire de toxicologie, de 1919 jusqu'à sa retraite.
Pharmacien aide major, professeur de chimie organique au Collège de France. Collaborateur de Charles Mourreu. En 1915, il travaille et élabore une méthode se synthèse sur l'iodacétate d'éthyle, qui lui vaut d'être grièvement blessé lors de ses travaux. Cette substance sera d'ailleurs adoptée fut baptisée fraissite. En 1917, il étudie la stabilisation de l’acroléine sous l’effet de l’hydroquinone ce qui l'amène à découvrir, avec son maître Charles Moureu, les antioxygènes. Plusieurs centaines de composés minéraux ou organiques furent ensuite appliqués à la catalyse, ou à la protection de diverses substances : caoutchouc, colorants, carburants, corps gras, molécules d’intérêt biologique.
Ernest Fourneau, imminent chercheur, fondateur de la chimie thérapeutique, chef de service du laboratoire de chimie thérapeutique de l'Institut Pasteur de 1911 à 1944.
Il reçoit son diplôme de pharmacien en 1898. Au début de 1899, il part en Allemagne afin de tirer profit de l’enseignement des plus prestigieux chimistes de l’époque. Il passe un an à Heidelberg où il perfectionne son allemand et sa pratique de la chimie auprès de Curtius et de Gattermann, puis un an à Berlin dans le laboratoire d’Emil Fischer qui lui confie la première synthèse du dipeptide le plus simple, la glycylglycine, et enfin un an à Munich chez Richard Willstätter, futur prix Nobel. Dès vingt-huit ans, professeur agrégé de chimie, Willstätter s’est fait connaître par des travaux sur la cocaïne et sur les alcaloïdes de la belladone. Il deviendra directeur de l'Institut Kaiser-Wilhelm de chimie (1912-1916). Willstätter confie à Fourneau l’étude de la lupinine, dont l’ester benzoïque est doué de propriétés anesthésiques locales. Dans un montage audacieux déconseillé par le maître, l’appareil de verre explose en effet et Fourneau perd l’usage de l’œil droit. C’est pendant ce long séjour que Fourneau se prend d'un indéfectible enthousiasme pour la science allemande et qu’il noue avec des Allemands un réseau de fidèles amitiés personnelles. Cet enthousiasme et ces amitiés détermineront son attitude pendant la Deuxième Guerre mondiale et lui vaudront les poursuites intentées à son encontre à la Libération. Et pourtant ! Il rejoint l'Inspection des Etudes et Expériences Chimiques dès 1915 et propose l'utilisation de dichlorométhylarsine, sans suite malheureusement, alors qu'elle le sera plus tard par les allemands. Dès lors, son apport aux travaux de l'IEEC sera important. Il sera de nouveau grièvement blessé en 1916 au cours de manipulation de substances chimiques. Il prit ensuite, à partir de 1917, une part active dans les recherches des services chimiques, pendant les dernière années de guerre mais aussi dans les deux décennies suivantes. Son laboratoire de l'Institut Pasteur sera attaché aux services chimiques en 1939. Il y travailla sur des composés qu'il connaissait bien, les amino-alcools et leurs dérivés, la choline, l’éphédrine, les pseudo-éphédrines et l’adrénaline, les substances agissant sur le système organo-végétatif (sympathomimétiques, parasympathomimétiques, sympatholytiques, atropiniques).
Henry Gauthier, directeur de l'Ecole de supérieure de pharmacie de Paris. Il mit à disposition de l'IEEC plusieurs laboratoires qui travaillèrent pour les services chimiques.
Albin Haller, pharmacien de l'Ecole de pharmacie de Nancy et chimiste. En 1872, il suit le cours de l'École supérieure de pharmacie nouvellement créée à Nancy. Il obtient à Paris une thèse de docteur ès sciences sur le camphre. Maître de conférences en 1879, il est professeur en 1884. Il est directeur de l'Institut chimique de Nancy, créée en 1887, puis professeur en 1899 à la Sorbonne où il succède à Charles Friedel à la chaire de chimie organique. Il est directeur de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris de 1905 à sa mort. Il y réorganise les études et introduit un cours de chimie physique et un de mécanique appliqué. Pendant le conflit, il dirige le Service des poudres.
Maurice Javillier, Professeur de chimie agricole et biologique (Conservatoire National des Arts et Métiers) et de chimie biologique (Faculté des Sciences, Paris). Il finit ses études de pharmacie en 1898, exerce dans une pharmacie à Tours et donne des cours à l'Ecole préparatoire de médecine et pharmacie de Tours. Il soutient sa thèse en pharmacie en 1904 et devient professeur à Tours en 1905. Il soutient une deuxième thèse en sciences avec Gabriel Bertrand comme directeur avant de devenir son assistant au laboratoire de l'Institut Pasteur. Chef de travaux à l'Ecole de pharmacie de Paris en 1909. En 1914, Javillier est mobilisé. En avril 1915, il organise la défense contre les gaz de combat à l'armée de Belgique. A la fin du moi de mai 1915, avec l'aide du commandant Cadroy, chef du Génie à Dunkerque, il met au point différents appareils de protection dont l’un d’eux est constitué d’une sorte de cartouche filtrante reliée aux voies respiratoires par un tuyau souple. Une importante commande est passée auprès d’un industriel, à Coudekerque Blanche et le 14 juin 1915, un rapport sur l’appareil a été envoyé à Paris où l’Etablissement Central du Matériel Chimique de Guerre est fortement intéressé. Dès lors, le respirateur connaît un succès certain ; l’ECMCG passe alors commande auprès du fabricant, puis plusieurs armées par la suite. Ils seront envoyés au front à compter du 2 octobre 1915 mais seront bientôt déclassés. En 1917 déraché auprès du Ministère de la Marine pour étudier l'atmosphère des sous-marins, il rejoint ensuite les Services chimiques où il travaille notamment avec Gabriel Bertrand sur la synthèse de l'Ypérite. Il sera intoxiqué à plusieurs reprises au cours de ses recherches et en gardera des séquelles.
collaborateur de Desgrez. Il travaillat à la réalisation d'une pommade de protection contre l'Ypérite, et sur la réalisation d'un appareil de protection contre le monoxyde de carbone avec Desgrez, appareil qui fut baptisé LD
Collaborateur de Charmes Mourreu, pharmacien aide major. On connait ses travaux sur l'Ypérite, sur sa synthèse selon la méthode de la monochlorhydrine du glycol. Il fut gravement blessé lors de ces recherches par l'explosion d'un vase distilatoire à la suite de laquelle il contracta une septicémie à staphylocoque qui nécessita son hospitalisation.
Charles Moureu était, en 1915, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine, professeur de pharmacie chimique à l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris, et directeur du laboratoire de chimie physique hydrologique à l’Ecole pratique des hautes études. Il débutera des études sur les substances agressives dès le début du mois de mai 1915, puis sera nommé vice-président de la Section des produits agressifs en septembre 1915. Il s’acquittera de cette tâche tout au long de la guerre. Son travaille porta sur de nombreuses substances, comme la bromacétone, le bromure et l'iodure de benzyle, mais surtout l'acroleine et l'Ypérite. Une des difficultés rencontrées par Moureu, Lepape et Dufraisse lors de l’étude du chargement de projectiles en acroleine, fut la polymérisation de cette substance. Ils avaient constaté qu’elle était précédée d’une oxydation et qu’elle rendait au final le produit inoffensif. Lors d’essais de chargement, ils constatèrent également que l'acroléine industrielle, pas encore purifiée, s'oxydait beaucoup moins vite que celle qui avait été redistillée pour la débarrasser de ses impuretés. En cherchant le moyen de stabiliser l’acroleine en évitant sa polymérisation, ils finnisèrent par isoler l'impureté qui empêchait cette oxydation. Puis, constatant que certains composés à fonction phénolique, des polyphénols comme l'hydroquinone très avide d'oxygène, même à dose très faible, s'opposaient à l'oxydation, ils découvraient les antioxygènes, ou antioxydant. Ce fut le point de départ d’une découverte majeure de l’histoire de la science, aux applications multiples. Les pharmaciens aide majors dufraisse, Robin et Pougnet poursuivirent les travaux de stabilisation de l'acroleine au cours de 1917, par les poluphénols dont le pyrogallol isolé de l'extrait de châtaignier. La découverte de l’action « antioxygène » a eu des conséquences industrielles et sanitaires extrêmement importantes après la guerre, en particulier en catalyse et dans le domaine de la santé publique. Sur le plan industriel, les antioxygènes sont aujourd’hui utilisés à grande échelle pour protéger de l’oxydation un grand nombre de produits, notamment pour lutter contre le « vieillissement » du caoutchouc, le « gommage » des carburants, le « cognement » des moteurs à combustion interne, le « rancissement » des graisses. Ils sont devenus incontournables dans notre vie quotidienne, en étant incorporés dans la fabrication de très nombreux produits alimentaires ou de grande consommation afin de garantir leur conservation. Par ailleurs, leur importance pour l'organisme humain, en particulier leur rôle-clé dans le processus de vieillissement, est aujourd’hui clairement reconnue. L'acroleine, baptisée papite, fut adoptée pour remplacer la chloracétone dans les grenades suffocantes. Elle avait des propriétés fortement lacrymogènes, toxiques et suffocantes.
Collaborateur de Mourreu, pharmacien aide major de 1er clasee.. Blessé à de nombreuses reprises lors de ses travaux sur l'Ypérite, il allait se faire panser les mains ulcérées tous les jours.
Collaborateur de Mourreu, nommé pharmacien aide major en juillet 1918. Il étudia nottament la bromacétone et la bromométhyléthylcétone.
Collaborateur de Lebeau. Avec Augustin Damiens, ils se chargeaient souvent des essais réels des appareils protecteurs, sans se soucier des risques que cela comportait ; ils seront plusieurs fois intoxiqués.
Pharmacien aide major de 1er classe, chargé du prélèvement dans les usines pour le laboratoire de contrôle.
Collaborateur de Mourreu, pharmacien aide major de 2e classe. Blessé à de nombreuses reprise lors des travaux de recherche sur l'Ypérite ; "est resté 15 jours alités avec des phénomènes trachéo-bronchitiques et intestinaux graves et pénibles, sans compter des ulcérations sur différentes parties du corps".
Collaborateur de Mourreu, préparateur à la Faculté des Sciences de Paris. Il étudie en 1915 la chloracétophénone.
Collaborateur de Mourreu, pharmacien aide major, fut l'un des premiers à travailler sur les arsines en 1917. Il collabora avec le professeur Bougault sur de nombreux dérivés arséniés et leurs travaux très importants débouchèrent sur des résultats très prométeurs lorsque l'Armistice fut signé.
Professeur agrégé à la Faculté de pharmacie de Paris, chef de laboratoire et chargé de conférence à l'École municipale de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris. Après avoir servi au 74e R.I.T., sera détaché aux Services chimiques en août 1915. Il y mènera des études sur la protection collective des forts et des abris. Puis, en juillet 1916, il sera chargé de l’organisation des cours et des conférences pour l’instruction des officiers sur les gaz. Il donnera également des cours sur la protection collective.
Pharmacien aide-major, chef de service à l’atelier d’imprégnation des appareils de protection, qui mit au point une technique de récupération des matières premières des masques, puis plusieurs procédés de réparation des appareils endommagés, notamment avec le pharmacien Defacqz, du laboratoire de contrôle des appareils de protection.
Tiffeneau, professeur, avec le pharmacien Chelle, travaillèrent au laboratoire Municipal sous la diréction d'André Kling, notamment pour caractériser la présence de palite suite à une intoxication(dans les viscères des victimes, dans différents organes et sécrétions) comme celle de chlore à l'aide d'un papier réactif. Ils mirent ainsi en évidence la présence de formol dans les organnes des victimes et dans la terre prélevée au voisinage de l'éclatement d'un obus. Dès 1916, l'intoxication à la palite comme sa présence dans la terre prélevée au voisinage de l'éclatement d'un obus, pouvaient être caractérisés grâce à quatre réactions spécifiques qu'ils avaient mis au point. On lui doit une méthode de synthèse de la dichlorophénylarsine qui fut adopté peu avant l'Armistice.
Professeur, travailla sur différentes méthodes de synthèse de l'Ypérite. Il remit en 1918 le premier rapport sur sa synthèse à partir du thiodiglycol obtenu par la monochlorhydrine du glycol.
Bien d’autres mériteraient de figurer ici, tous ayant joué un rôle essentiel dans l’œuvre des Services chimiques pendant la Grande Guerre. Aux bataillons de l’industrie chimique allemande, ils ont su, avec tout le personnel des Services chimiques, faire face aux dangers qui menaçaient la France. Ces quelque 110 chimistes permirent aux Alliés de prendre le dessus, aussi bien dans le domaine de la protection, que dans celui de l’agression. Rappelons encore une fois que la moitié d’entre-eux étaient des pharmaciens.
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