Compagnie 22-32
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Compagnie Z du génie 22/32 (deviendra 32/1 puis 33/1)

 

1915

 

Opération du mont Têtu (Champagne) :

 

La compagnie embarque le 3 novembre 1915, en même temps que la 22/31, à la gare des matelots pour une désignation inconnue. Le matériel part séparément de Champigny sur Marne. Du 4-15 novembre : arrivée en gare de Felcourt ; les deux Cies cantonnent dans le village. Instruction des renforts qui rejoignent la Cie. visite du commandant Soulier et de l'ingénieur Cartier. Prise de contact avec la 2iem armée, 1er C.A.C. à la 16e DIC. Reconnaissance du secteur du bois Sabot et du mont Têtu. Le 15, la Cie cantonne à Dommartin sur Hans. 16 et 17 : reconnaissances de la côte 180, des boyaux B30, B31, B1 et ceux du 20e Corps. L'abris de la perforatrice est désigné comme abris pour le matériel et comme point de départ. A 12h00, début d'aménagement des boyaux. Le 19 novembre, piquetage des postes d'émission. Du 21 au 25, travaux de terrassement et boisage des abris et niches d'émission. Le 29, début du transport des bouteilles. Il s'achève dans des conditions effroyables le 2 décembre et nécessite de rassembler de nombreuses bouteilles laissées sur place, du 3 au 6 décembre. Le 10, la Cie prend ses positions d'attente en 1er ligne. Le 11 au soir, elle reçoit l'ordre de prendre ses positions de combat et de mettre les bouteilles en batterie. Puis, contre-ordre, l'opération est annulée et les bouteilles sont ramenées dans les abris. Les jours suivants, les bouteilles sont ramenées à l'arrière.

 
Abris construits lors de l'opération manquée du mont Têtu ; ils sont trop étroits et n'offre qu'une faible protection contre les intempéries. 

 

 

 

1916

 

Le 9 janvier, la Cie arrive à Pagny sur Saulx. Organisation pour la remise en état du matériel.

 

Opération dans le secteur de la Pompelle, 25 mars 1916 (Champagne) :

 

29 janvier : arrivée de la Cie et du matériel à Germaine, Sillery et Taissy. L'opération projetée dans le secteur du fort de la Pompelle, secteur ouest, à l'ouvrage du Haricot, sur un front de près de 3 km. 31 janvier : visite du secteur avec l'aide d'un officier guide qui manifestement, ne connaît rien au secteur. Impossible de se procurer une carte exacte. 1er février : le matériel est transporté de gare de Germaine vers une cave-abris à Sillery. Les nouveaux abris de poste d'émission ont été définis : ils sont plus profond, enterrés d'un mètre et nécessiteront une rallonge à tuyau souple. Le piquetage est entièrement terminé, 150 postes d'émission sont prévus, à douze bouteilles, soit 1800 bouteilles ou 72 tonnes de chlore. La densité est de plus de 25t/km. La Cie prévoit d'utiliser 200 bouteilles de type moyen de 50 kg chargées de Collongite (phosgène), en espérant que celles-ci soient arrivées avant l'opération. A cet effet, on souhaite attendre l'arrivée du masque TN qui assure, contrairement au T actuellement en dotation, une protection contre le phosgène. Les travaux commencent le 7 février et le 11, les bouteilles commencent à être transportées. Le 13 février, tout est prêt pour l'opération, mais les bouteilles de phosgène ne sont pas arrivées. Situation d'attente, vents défavorables. 

 

25 mars au matin, prévision avec tendance à devenir favorable. A 18h00, le vent devient favorable, l'alerte est donnée à 18h30 et le départ du cantonnement à 19h30. A 20h30, tous les éléments sont à leurs postes. Le général commandant le 38e C.A. lance à 21h35 l'ordre conventionnel qui fixe le début de l'opération à 23h00. l'opération à lieu de 23h00 à 0h05 selon le programme convenu, avec succès. Deux vagues : 23h00-23h30 et 23h45-0h05. L'ennemi, entièrement surpris, réagit mollement et seulement à partir de 23h12 ; sa fusillade devient assez vive et ne dure qu'une dizaine de minutes. L'artillerie ne réagit pas . 39 hommes de la Cie sont évacués suite à des retours de gaz. Le JMO du 38e C.A. relève 75 intoxications. Nous n'avons pas connaissance des pertes de l'ennemi. La densité de la vague est importante, à l'égal de celle des vagues allemandes de 1915. 

Le 4 avril, la Cie est rassemblée pour la lecture d'une lettre élogieuse du Général Commandant les Armées, destinée à la Cie 22/32. Elle reçoit les felicitation de Winkler.

 

Opération de la Ferme de Navarin (Champagne), 25 août 1916 :

 
Ci-dessus : deux vues des tranchées françaises dans le secteur de la ferme de Navarin.

Le 29 avril, la Cie arrive à Cuperly avec son matériel. Elle cantonne au nord de Suippes, à la ferme des Wacques (1km à l'ouest de Souain-Perthes-les-Hurlus, au sud de Saint-Souplet, Sainte-Marie à Py, Sommepy-Tahure). Prise de contact avec les 127e et 12e D.I.. Le 1er mai, les cantonnements sont bombardés ; un mort et 4 blessés dont un très grièvement. Le 19 mai, la Cie est en ligne lors de l'attaque par vague allemande ; elle ne subie aucune perte. Le 21 juin, visite au 296e à la ferme de Piemont.

 
La ferme des Wacques où la Compagnie Z 22/32 cantonne lors de la préparation de l'opération.

Reconnaissance du secteur. Les travaux en ligne en vue de l'attaque projetée commencent le 22 juin. Le 28 juin, les abris sont en bonne voie d'avancement ; les 3iem et 4iem cadres sont posés. Le 5 juillet, les 2200 bouteilles sont montées en ligne (84 tonnes de chlore) dans 123 abris à 18 bouteilles chacun. Tout est prêt dès le 8 juillet et commence alors la situation d'attente. Le 19 juillet, des patrouilles ennemies se glissent derrière les barbelés et essaient de prendre un poste d'émission ; elles sont rejetées à coups de grenades et de fusils. Le 21 juillet, des bruits de travaux souterrain ennemis sont perçus dans le compartiment central. Le 26 juillet, les postes 11 à 15 sont évacués et des travaux de contre-mine commencent en partant du fond des postes d'émission. Les bouteilles sont remisent en place le 8 août et tout est prêt le 9. Le 12, la Cie est alertée, puis contre-ordre. Le 14, la Cie monte en ligne à 20h19 et reçoit un contre-ordre à 22h55. Nouvelle alerte le 16, puis le 24. Le 10 août, des brèches importantes sont pratiquées dans les réseaux en vue des coups de mains projetés après l'opération. Les brèches sont régulièrement entretenues par des tirs d'artillerie.

Le 25 août, alerte à 18h05 et montée en ligne. A 20h57, l'ordre d'attaque est donné. L'émission commence à 23h00. Elle se déroule en quatre phases : une de 20 minutes, deux de 10 et une de 24. Tous les robinets sont fermés à 1h04 précise pour laisser place aux reconnaissances. Malgré l'importance de la vague, le vent s'est levé dès la deuxième vague, qui semble être passée sur les tranchées allemandes sans y avoir séjourné. Les reconnaissances lancées par la 18e D.I. sont bloquées dès leur sortie par de nombreux tirs et ne pénètrent pas les lignes allemandes. Ces tirs sont particulièrement nourris au niveau des brèches pratiqués à l'avance, et repérées par l'ennemi qui lance régulièrement de nombreuses fusées éclairantes. Nous ignorons tout des résultats de cette vague. La division compte 4 tués, 4 blessés et 20 intoxications légères.

Septembre et octobre : instruction et travaux en ligne. Le 26 octobre, la Cie se met à la disposition de la Cie Z Leroyer pour la construction d'abris en ligne ; elle porte les bouteilles en ligne du 8 au 12 novembre.

Opération d'Auberive (à l'ouest de Souain-Perthes les Hurlus), secteur de la 3iem Brigade Russe, 17 février 1917 et 28 mars 1917 :

5 décembre, piquetage des postes d'émission. Le 28, le portage des bouteilles en ligne débute, avec l'aide d'auxiliaires russes. 

1917

Le portage est achevé le 8 janvier 1917, avec 3211 bouteilles type lourd et 595 de type demi-lourd en ligne, soit 144 tonnes de gaz en ligne, 100 tonnes au km. La Cie est prête à opérer le 12 janvier. Le 31 janvier, la Cie est prise dans une attaque par vague allemande, qui à lieu à l'ouest d'Auberive. Un sapeur, asthmatique, n'a pu garder son masque et est intoxiqué.

Le 16 février, les conditions atmosphériques deviennent favorables. Alerte à 22h05, ordre d'exécution à 23h00. L'opération commence à 1h00. Elle est interrompu par un retour de gaz dès le début. Le matériel est remis en état et la Cie est de nouveau prête à opérer le 28 février. Seulement 319 bouteilles ont été ouvertes. 

Le 28 mars, les prévisions deviennent favorables, la Cie monte en ligne à 23h30. L'opération est débutée à 5h00.

Du 11 mai au 3 juillet, la Cie est occupée à des travaux de terrassement.

Opération de Fey en Haye du 3 octobre : 

 

 
L'auberge Saint Pierre, qui fut transformée en dépôt de matériel lors des préparatifs de l'opération.

 

Vue du village de Fey-en-Haye en ruine lors du conflit.
 

 

 

L'auberge Saint Pierre en 2014.

 

 

Le 3 juillet, la Cie quitte la Champagne et arrive à Marbache ; elle cantonne au bois pouillot et au camps MD. Le 7 juillet, reconnaissance du secteur et piquetage le 8. Les travaux commencent le 9 ; le dépôt est situé à l'auberge Saint Pierre. Les travaux sont très difficiles en raison de la nature du terrain ; le sol est très dur et des infiltrations d'eau se présentent. Le 28 juillet, le transport du matériel chimique débute et la Cie est prête à opérer le 9 août. La situation d'attente est particulièrement longue et de nombreuses alertes suivies de contre-ordres s'enchaînent. Enfin, le 2 octobre, l'alerte est donnée à 21h30. l'émission à lieu de 4h00 à 6h00 dans des conditions très favorables, sous un vent constant de 2 à 2,5m/s, alternant vague claire et vague opaque. Au petit jour, le gaz se voit encore sur le bois de Frière où il va stagner de nombreuses heures. Le 418e R.I. organise un coup de main qui doit être repoussé ; il a lieu le 6 octobre et permet de faire un prisonnier du 73e I.R.. Ce dernier déclare ne rien savoir de l'émission. Winkler conclut : "cette émission est incontestablement une des opérations les mieux réussie du deuxième groupe Z". Le front de l'émission sera prolongé en vue d'effectuer d'autres opérations.

 

 

Le vieux village de Fey-en-Haye en 2014, le cimetière.

 

 

La route le long de laquelle fut installé les postes d'émission.

 

 

Du vieux village, il ne reste presque rien, si ce n'est quelques vestiges des habitations.

 

 

Des tuiles arrachées à la terre par la chute d'un vieil arbre témoignes des traces du passé.

 

 

Du chemin à partir duquel les vagues furent lâchées, on distingue les positions allemandes en contre-bas dans les bois. 

 

La Cie part en repos à Charmes.

 

Opération de Reillon-Saint Martin du 10 janvier 1918 : 

La Cie arrive à Donjevin le 5 novembre. le lendemain, le matériel est transporté jusque Saint Clément. Prise de contact avec le 277e R.I. et début de construction des abris en ligne. Le 21 novembre, l'inondation de certains postes conduit à les abandonner. Le portage du matériel débute le 26 novembre et s'achève le 2 décembre. Le secteur est compris entre le point 285.5 nord du bois Vannequel et le point situé à 80 mètres au nord du boyau Urral dans la tranchée Clavel. Les travaux ainsi que le portage des bouteilles en ligne s'effectue avec l'aide de la Cie 22/33, arrivée sur place à Herbeviller le 5 décembre.

La Cie 22/32 porte en ligne 63 tonnes de gaz liquide, la Cie 22/33 porte 61 tonnes de gaz liquide et la 32/3 50 tonnes, soit un total de 174 tonnes. L'opération prévoit d'utiliser des bouteilles de Chlore seul, chlore+fumigène, chlore+phosgène, chlore+phosgène+fumigène et phosgène seul,  de type lourd, demi-lourd et léger. Le 2 décembre, on débute le forage pour le passage des nourrices. Le 5, la pression des bouteilles est vérifiée et le 6 le terrassement des abris de bombardement est débuté. La Cie est prête à opérer le 5 décembre.

1918

En exécution de l'ordre du 4 décembre de la Division, l'opération est exécutée le 10 janvier 1918 de 14h00 à 15h00. 

La nuit suivante, une section du 277e R.I. commandée par le sous lieutenant Mailliet effectue à 22h00 un coup de main. Arrivée sur le petit poste ennemi, elle réussit à faire trois prisonniers allemands mais laisse deux cadavres ennemis sur le terrain. ces hommes appartiennent au 448e I.R. de la 233e I.D..

 

Nous n'avons pas pu retracer le parcourt de la Cie jusqu'au 4 avril 1918.

Elle procède à une opération par projector dans la nuit du 7 avril, contre les positions du fort Brimont, à 2h00, à l'aide de 500 tubes. 75 bombes ne partent pas. 4 jours seront nécessaires pour récupérer le matériel.

La Cie est en reconnaissance du secteur de Morville au bois le 29 mai.

Le 3 août, elle mène une opération par projector au nord ouest de Braches.

 

 

 

 

 

 

 

 

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