Compagnie 31-4
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Compagnie Z du génie 31/4 (deviendra 32/2)Historique de la Compagnie Z du Génie 22-21 - Gaz de comba

 

La Cie est formée en mai 1916 ; les hommes proviennent en majorité de la cavalerie, les officiers de l'infanterie.

 

 

Opération du 5 juillet 1916, Lihons-Maucourt :

 

Le 12 juin, arrivée dans la Sommes à Villers-Bretonneux (proche de Lihons). Le lendemain, installation dans les cantonnements et reconnaissance du secteur, du cimetière de Maucourt aux abords du village de Lihons, sur le front de la 51e DI. Le piquetage est effectué le 14, aidé par la 6e Cie du 103e RIT. La construction est entamée le 15 ; les abris sont du type pour douze bouteilles. Le 19 juin, un coup de main allemand vient prendre à revers les guetteurs. La patrouille est mise en fuite ; elle passe à côté de 4 abris pour poste d'émission; mais non équipés. Les travaux s'achèvent le 25 juin ; 143 postes ont été construits. Les bouteilles arrivent en gare le lendemain : 1800 bouteilles dont 450 au chlore et 1350 chlore + opacite. Les postes sont garnis de nuit, à raison de 10 à 20 chaque nuit. Le 29 juin, les Cies 31/1 et 31/3 effectuent des émissions dans le secteur (Fouquescourt) ; l'ennemi réagit en bombardant les premières lignes. Cela provoques de grosses difficultés dans l'acheminement des bouteilles. La Cie est prêt à opérer le 3 juillet. Le 5 juillet, le vent semble devenir favorable et la Cie est alertée. L'opération débute à 22h00 sous un vent à 3,10 m/s dans des conditions favorables.

Le programme d'ouverture des bouteilles est le suivant : 

 

0-10 minutes : 3 bouteilles            40-50 minutes : 3 bouteilles            80-90 minutes : 4 bouteilles

5-15 minutes : 3 bouteilles

 

Vers 22h30, le vent cesse brusquement et les premières et deuxièmes lignes sont envahies brusquement par la vague, essentiellement au voisinage de la côte 91. L'émission cesse immédiatement.

580 bouteilles ont été ouvertes (23 tonnes) sur les 1716 (68 tonnes).

Pendant l'émission, l'ennemi réagit par une violent fusillade puis bombarde les lignes avec des obus asphyxiants et lacrymogènes. 4 sapeurs décèdent et 68 sont évacués. La plupart des accidents sont dus à des déplacements du masque M2, des ruptures de lunettes ou des imprudences lors du changement de masque. Quelques masques ont été saturés par la concentration de toxique atteinte.

On déplore également 59 intoxiqués au 233e RI

 

Le 7 juillet, des ordres en vue de la reprise de l'opération sont donnés, mais l'opération est finalement annulée le 9 juillet.

 

 

Le 20 juillet, la Cie reçoit l'ordre de se diriger vers Moulin-sous-Touvent (secteur de la IIIe armée) pour y procéder le plus tôt possible à une émission.

Opération du 15 août 1916 dans le secteur sud-ouest de Moulin-sous-Touvent : 

La Cie 31/1, appelée à remplir une mission analogue dans le secteur immédiatement au nord de celui de la 31/4, voyage dans le même train. Le convoi arrive en gare de Rethondes à 12h16.

Le 22 juillet, repérage du front d'émission, qui couvre environ 200 mètres, du boyau Duplessis au nord jusqu'au boyau de la Boivre en face de Moulin sous Touvent, sur le secteur de la 120e DI. Il existe déjà des abris d'émission en ligne, mais pas suffisamment profonds. le lieutenant commandant la 1er section est tué en ligne par une torpille. Le commandant Girondin décide d'abandonner les abris en ligne pour construire des abris du type de ceux de Lihons-Maucourt (2 mètres de profondeur). Les travaux commencent le 25, en récupérant le matériel des anciens postes. Les bouteilles sont portées en ligne le 4 août. Il faut garnir 93 postes (postes à 12 bouteilles) de 1116 bouteilles (279 chlore et 837 chlore opacite) soit 44,5 tonnes de gaz. La Cie est prête à opérer le 9 août. Le 11, deux sapeurs sont tués en ligne.

Première alerte le 13, puis le 14. A 4h45, le vent est stable, de vitesse 2 à 3 mètres, atteignant 4 par moment. Au poste de Saint Crépin, sa vitesse est de 3 à 5m, assez régulier. Le temps est couvert. L'opération à lieu dans la nuit du 15 à 5h30. Elle débute par un violent tir de barrage qui donne le signal d'ouverture des bouteilles. Les 5 premières minutes, la vague est uniquement constituée de chlore et transparente, pour surprendre l'ennemi qui ne peut entendre le bruit de l'émission, couvert par celui du tir d'artillerie. Les 7 postes de droite n'entrent pas en action, pour éviter l'enfumage possible du saillant à l'est. Après 5 minutes, les premières bouteilles chlore-opacite sont ouvertes : la vague devient opaque et progresse de façon très satisfaisante ; la position ennemie disparaît dans un épais brouillard. Grâce au bon fonctionnement des lignes téléphoniques, le capitaine est avisé que tout se passe conformément et que le vent reste favorable, d'une vitesse de 3 mètres. Mais à 5h45, le poste de Saint Crépin signale un léger grain de vent d'ouest ; il est décidé de surseoir à la deuxième phase de l'opération qui doit commencer à 6h10. Les météorologistes aux tranchées constatent l'effet presque nul de ce grain sur place et ordre est finalement donné d'ouvrir à nouveau les robinets à 6h15, sauf pour les postes 8 à 24. La seconde partie se déroule sans incident de 6h15 à 6h25, puis la troisième débute à 7h00 (l'émission des postes 8 à 24 est reprise à 6h50). 

L'émission est terminée à 7h10 et deux patrouilles d'une trentaine d'hommes, accompagnées chacune de deux sapeurs de la Cie, sortent des tranchées à hauteur du saillant Fleusburg, mais ne peuvent aborder les lignes ennemies. Deux fantassins sont blessés par balles durant cette opération ; l'un d'entre eux est ramené par un sapeur de la Cie.

Le secteur restera particulièrement calme les jours suivants.

 

Du 16 au 19 août, la Cie procède au démontage du matériel. il reste 476 bouteilles pleines, conservées au dépôt en gare de Rethondes. La 53e DI relève la 120e.

Du 1er septembre au 30, la Cie est occupée à la construction d'abris dans le secteur.

Opération du 29 octobre 1916, Echelle saint Saurin : 

Le 30 septembre, la Cie reçoit l'ordre du GAN (groupe d'armées du Nord) de mener une nouvelle opération dans le secteur de celle du 15 août. L'examen du secteur et des abris commence le lendemain. L'opération comporte l'émission à l'aide de bouteilles de 22l chargées en chlore et phosgène. Cela nécessite d'apporter des modifications aux abris existant en vue d'y loger les bouteilles supplémentaires. Le système primitivement préconisé (figure 1) est définitivement rejeté, car les nouvelles bouteilles se trouveraient trop exposées aux bombardements. Deux systèmes seront expérimentés : emploi d'une niche latérale (figure 2) et allongement de l'abri (figure 3). Les travaux débutent le 3 octobre. Le 5, commence l'instruction sur les nourrices métalliques nouveau modèle, destinées aux bouteilles de 22l ; les modifications aux postes d'émission sont terminées.

 

 

 

Le 7 octobre, sur ordre du GQG, le commandant Girondin prescrit d'expérimenter quatre nouveau types d'abris (type allemand modifié), à raison de un abri de chaque type par section. L'installation est terminée en ligne le 21 octobre. 92 postes sont garnis de 1656 bouteilles, 1104 de 33 litres (B et BO) et 552 de 22 litres (BOC). Soit 44 tonnes de chlore et 15 tonnes de chlore-phosgène.

La Cie est mise en alerte le 24 octobre ; l'ordre préparatoire est lancé à 20h00, l'opération doit avoir lieu à 22h30. Mais à 21h45, le poste météo annonce une bourrasque pour 0h00 et le contre ordre est immédiatement donné. L'attente de vent favorable se poursuit jusqu'au 28 octobre. Ce soir là, la vitesse du vent diminue et se fait plus régulière, de 6 à 7 m/s ; la direction doit se maintenir et la vitesse diminuer, selon les prévisions ; l'ordre d'exécution est lancé à 21h40. 

La Cie est en place à 23h00 et l'opération débute à 0h00, dans un vent de près de 3 à 4m/s. Le plan d'ouverture est le suivant :

L'émission débute par une vague claire de 0h00 à 0h02, puis une bouteille chlore opacite est ouverte sur les 4 de la première série.  Une deuxième vague opaque de 0h30 à 0h40. Une troisième peu concentrée de 1h00 à 1h10, puis une quatrième importante de 1h30 à 1h40. La cinquième de 2h00 à 2h10 est peu concentrée puis enfin la sixième se termine par 6 bouteilles de chlore-phosgène -opacite de 2h20 à 2h30.  On déplore trois intoxications par déplacement du masque lors d'explosion de torpilles durant l'opération à la Cie et deux intoxiqués au 71e RIT. Quatre autres sapeurs ont été indisposés. 

Après l'émission, deux patrouilles d'infanterie, accompagnées chacune de deux sapeurs de la Cie, partent en reconnaissance. L'une d'elle est stoppée dès sa sortie de la tranchée par le tir de mitrailleuses ennemies. L'autre, sortie au niveau du boyau de Vienne, a pu progresser jusqu'à la tranchée allemande qu'elle trouve vide d'occupants. Elle ne peut mener plus en profondeur son exploration, pressée en raison de l'heure de déclenchement du tir d'artillerie programmé sur les tranchées allemandes et rentre sans perte.

Le 4 novembre 1916, le commandant Girondin remet la croix de guerre au capitaine et à quelques sapeurs. Il lit également la lettre du Général commandant le GAN, qui exprime sa satisfaction pour l'excellente tenue des sapeurs aux cours des récentes émissions. Il prescrit d'envoyer 40% de l'effectif en permission en reconnaissance de son contentement.

 

Opération de Vingré (Aisne) du 20 décembre 1916 : 

Le 9 novembre, le capitaine ayant été informé officieusement qu'une émission serait probablement effectuée dans le secteur Nouvron-Vingré, se rend en champagne. La partie la plus favorable se trouve entre le boyau XIII et le saillant Aubry. Le front choisi présente un développement de 2600m. Le capitaine se met en relation avec le général Vandenbergh, qui commande la 61e DI dont relève le secteur. L'ordre d'opération est donné le 11 novembre. Le piquetage des 123 postes est réalisé le 13, dans les secteurs du 264 et 265e RI. Les sections cantonnent dans les grottes de Vingré et à Berry, l'état major à Vic sur Aisne.

La construction des abris débute le 17 novembre. Le 22, trois sapeurs volontaires par section sont instruits en vue des patrouilles projetées avec le 264e RI., sous les ordres du sous lieutenant Gimeau. Le sergent Desforges de la 31/4 est conseillé technique.

Le 26 novembre, l'opération est retardée en raison de la relève imminente de la 61e DI. Le 27, arrive en gare 900 bouteilles de 22l BC (chlore-phosgène) et 1800 BO, soit 96 tonnes de gaz.

Le 2 décembre, le 13e CA est relevé par le 33e CA, la 61e DI est relevée par le 77eDI, la 121 brigade par le 88e. Le front d'émission est tenu par le 97e RI. L'opération projetée aura lieu avec le 33e CA. Le transport en ligne des bouteilles commence le 7 décembre. L'instruction des patrouilles reprend avec les hommes du 97e RI.

L'installation des bouteilles en ligne est terminée le 10 décembre. 1623 BC et 738 BC sont placées dans les postes contenant chacun 18 bouteilles (83 tonnes de gaz). Dans 48 postes, 3 bouteilles supplémentaires sont placées pour renforcer la vague en certains points favorables et pour créer une vague supplémentaire à la fin de l'émission pour protéger le flanc des patrouilles en les garantissant des vues latérales. Le 13, on procède à plusieurs émissions pour l'instruction des patrouilles dans une prairie voisine de la gare.

 

Les équipes de patrouilleurs sont constituées de volontaires du 97e RI et des 17e et 57e BCP. Chacune est constituée ainsi : 1 chef de section, 6 sous officiers, 4 caporaux, 15 grenadiers, 20 voltigeurs, 4 fusiliers mitrailleurs, 8 pourvoyeurs.

Le 19 décembre, vers 16h30, un coup de main allemand, effectués par une vingtaine d'hommes, du côté dd l'entonnoir Maunoury, fait trois tués, cinq blessés et surtout 5 disparus, fait prisonnier ; le secret de l'opération est compromis. A 20h00, l'ennemi fait de nouveau deux prisonniers dans le secteur Maunoury. Le capitaine converse avec le colonel de la 88e brigade ; il est décidé de profiter de la première occasion pour ouvrir les bouteilles. Les conditions étant favorables pour la nuit, l'opération est programmée pour 1h30 cette nuit. La Cie est en place à 0h30, mais à ce moment là, le vent faiblit et change de direction. L'opération est reportée à 3h00 mais le vent ne changeant pas, elle est finalement annulée.

Dans la journée du 20, le vent reste incertain, mais la situation se précise à 18h00, et devient favorable. L'attaque est à nouveau projetée pour le soir même, à 21h30.

L'émission commence à l'heure prévue, par un vent entre 2 et 3m/s, dans des conditions très favorables, et se poursuit jusqu'à 23h15 suivant le programme prescrit. Cinq postes ne fonctionnent pas, pour éviter tout accident. En raison de l'impossibilité d'obtenir de bonnes prévisions au delà de 0h00, la dernier vague est avancée de 30 minutes et début à 23h45.

La réaction de l'ennemi est très violente, notamment par un bombardement continu de torpilles et d'obus sur le secteur, en première ligne et sur les tranchées de soutien. La Cie subie des pertes, des sapeurs sont ensevelis dans leurs abris effondrés.  Les reconnaissances, fortes chacune de 50 hommes, sortent des tranchées à 0h00. Elles suivent la vague qui finit de progresser devant eux. Les hommes retirent d'ailleurs leurs masques pour pouvoir se repérer dans l'obscurité. Ils appartiennent au 97e RI, au 17 et 57e BCP. L'obscurité étant très profonde et aucune brèche n'ayant été pratiqué dans les réseaux, les patrouilles sont contraintes de rentrer sans avoir pu rentrer dans la tranchée allemande et après avoir subi un tir de mitrailleuses et de grenades. Les allemands sont restés très vigilants et en parfaite capacité de combattre et les trois équipes essuient quelques pertes. Les allemands sont restés debout sur le parapet de leur tranchée. Les reconnaissances ont montré beaucoup d'ardant et ont tenté de faire des prisonniers ; elles se sont efforcées de couper les fils de fer barbelés. Cette imprudence se soldera par 9 blessés et un mort, qui restera accroché aux fils. Son corps, ne portant aucun papiers ni aucun signe de reconnaissance, comme dans toutes les patrouilles, ne put être ramené en lignes, malgré de nombreuses tentatives. Au retour, trois hommes de la patrouilles, marchant sans masques, tombent dans l'entonnoir Maunoury et s'intoxiquent avec le gaz qui y a stagné. On décompte également trois sapeurs de la Cie qui sont décédés, quatre intoxiqués.

 

 

 

Le 1er janvier 1917, la Cie part en repos à Vanciennes, près de Villers-Cotterets. Tout le 31e Bataillon est concentré dans la région.

En vue de familiariser les troupes avec les vagues, des émissions  de démonstration sont prévues. 

Le 15 janvier, la Cie part cantonner dans les carrières de Saint Pierre de Bitry, l'état major à Attichy. Le 17 janvier, la Cie est rattachée au 33e CA, 70e DI de la 1er armée. Les chefs de section vont reconnaître le prochain secteur, situé du boyau Coslin au boyau du Clin.

Le piquetage des postes commence le 20 janvier 1917. 62 postes sont attribués à la Cie, qui opère entre la 31/1 et la 31/2.

Le 18 février, vers 5h00, après une préparation d'artillerie, l'ennemi exécute un coup de main dans le secteur de la Cie 31/1, à la gauche de la 31/4.

Enfin, le 13 mars, le capitaine de la Cie est avisé par le lieutenant Lamare, adjoint à monsieur le chef de bataillon Girondin, que l'opération en préparation est abandonnée.

Le 17, la Cie part en repos à Hautefontaine. Le 2 mars, elle fait mouvement vers Vis sur Aisne, puis le 4, elle débute des travaux de nettoyage des tranchées allemandes conquises.

Le 10 mai, le capitaine, accompagné du capitaine Francschi, commandant le 31e bataillon, se rend dans la région de soupir (Aisne) pour exécuter une reconnaissance en vue d'une opération. Ils s'y rendent de nouveau le 17 et le 18. Il s'agit d'envoyer dans une carrière occupés par l'ennemi et dont nous tenons un puit d'aération, le contenu d'une douzaine de bouteilles de chlore-phosgène en vue d'asphyxier les réserves allemandes qui s'y tiennent. D'après des documents trouvés dur le champ de bataille, il y aurait 2500 places à l'intérieur. Le 22 mai, l'ennemi s'étant emparé de l'orifice du puit, l'opération est abandonnée.

Le 3 juin, le capitaine part en reconnaissance dans la région de Craonne. Le 7 juin, un détachement de 49 hommes sous le commandement du sous lieutenant Moraine quitte Berry et se rend dans la région de Craonne pour exécuter une petite opération.

15 juin : destruction des abris d'émission de la région Berry-Vingré. Le 17, reconnaissance en vue de l'étude du secteur compris entre le bois d'Urvillers et le bois du Sphinx (NE de Saint Quentin).

Opération de la grotte du Dragon (Drachenhole), 25 juin 1917 : 

 

 

Le 25 juin, le sous lieutenant Moraine exécute l'opération projetée. La creute s'étend en partie sous la première ligne française et est occupé dans sa partie nord par l'ennemi. Un mur la sépare en deux parties. La partie sud communique avec nos lignes et n'est occupée que par des guetteurs allemands. Du côté français, deux entrées, une horizontale en B et une descente en D permette d'accéder à la grotte. 18 bouteilles BC de 22l en D et 12 en B sont placées derrière d'épais barrages en sac de terre. L'émission est effectuée de 4h00 à 5h15. Une légère fuite se produit en B et deux sapeurs sont légèrement intoxiqués. Par suite de la présence du mur de séparation, les allemands n'ont pas eu d'intoxiqués mais ont du conserver leur masque pendant de longues heures, ce qui a contribué à les démoraliser. L'attaque d'infanterie déclenchée à 18h00 réussit parfaitement. L'assainissement de la grotte pris 3 jours, du 26 au 28 juin. Deux sapeurs sont tués par une explosion d'obus à proximité de la grotte.

 

Au 1er juillet, l'organisation des unitées Z change : 

Le chef de bataillon Girodin devient commandant du 1er groupe Z des 4 compagnies (anciennement 31/1, 31/2, 31/3, 31/4). le capitaine Doyen lui est adjoint. La Cie 33/1 est dissoute et répartie entre les autres unités Z. Les Cies 31/1 et 31/2 sous le commandement du capitaine Goffin (adjoint du lieutenant Lamare) constitue le 31e Bat du Génie. 31/3 et 31/4 deviennent 32/1 et 32/2. et deviennent le 32e Bat du Génie sous le commandement du capitaine Franceshi (adjoint : lieutenant Chevallereau).

Le lieutenant Duverger de la 33/1 devient adjoint au capitaine de la 32/2. le lieutenant Fuyard de la 33/1 passe à la 32/2 et prend le commandement de la 2iem section.

Les Cies Z sont rattachées au 21e régiment du Génie, formé à cette date.

La 31/4 devient donc la 32/2, commandée par le capitaine de la Hamelinaye.Le capitaine et sont adjoint, le sous lieutenant Moraine, sont cités à l'ordre de l'armée.

Le 11 juillet, la Cie fait mouvement entre Fontenoy et Montescourt en vue de préparer une opération.

Opération de La Folie, 24 août 1917 : 

Le 16, reconnaisance détaillée des premières lignes, devant Haucourt sud. Le 19, le piquetage de 120 abris est fait et les travaux en ligne commencent le 28 juillet.

Les 5 et 12 août, une équipe du Royal Enginers fait une démonstration de mortiers Livens. Les abris d'émission sont terminés le 14 août. Le transport des bouteilles commence le 17 août, avec l'aide de 300 travailleurs de l'infanterie. Il durera quatre jours, ou plutôt quatre nuits (de 22h00 à 4h00). La Cie termine les derniers préparatifs le 23.

L'opération doit être conduite d'après l'ordre du général commandant le CA, le général Maud'huy. Elle durera 2 heures avec des intervalles de 30 et 20 minutes. Elle sera surtout exploitée par la 21e DI ; rien n'est envisagé dans la zone de la Cie (27e DI). Le commandant Girodin reste juge des circonstances favorables ; il confirmera l'heure à la batterie signal.

Le 23 août, le signal d'alerte est donné à 18h30 ; tout est prêt vers 21h30. Mais le vent est capricieux et oscille brusquement. L'opération est retardée à 1h30. Le tir de barrage débute malgré cela vers 22h30. Le vent semble enfin se fixer.

L'opération débute à 1h30, le vent est de environ 2m au sol. Deux ou trois postes par section sont neutralisés pour défaut d'orientation. L'opération commence par un tir de barrage qui doit empêcher l'ennemi d'entendre le bruit d'émission, et le faire rentrer dans ses abris. A 1h40, quelques fusées ennemies permettent de se rendre compte de la vague. 

Pendant la première phase de 30 minutes, 9 bouteilles chlore-phosgène sont ouvertes (dont 3 type moyen), soit 38,5 tonnes sur la ligne d'émission. L'ennemi réagit peu, quelques obus de petit calibre sur les premières lignes.

La deuxième phase se déroule de 2h20 à 2h40, avec l'ouverture de 6 bouteilles chlore-opacite (28 tonnes). Le tir de l'ennemi s'accentue sur le saillant du bois d'Urvillers.

La troisième phase, de 3h10 à 3h30, débute par l'ouverture de 6 bouteilles chlore-phosgène-opacite (28 tonnes) ; les postes qui n'ont pas pu fonctionner sont ouverts en évacuant la zone dangereuse.

L'opération s'est effectuée sans incidents, à part 5 à 6 intoxiqués légers.

Quelques jours plus tard, un déserteur déclarera que l'opération à eu peu d'action en premières lignes mais à fait de gros ravages sur les arrières.

L'artillerie poursuit ses tirs toute la journée. A 18h00, les groupes d'attaque se portent résolument à l'assaut. Dans le CRA, les groupes restent cloués au sol devant des réseaux en parfait état. dans le CRB, quatre groupes pénètrent dans les tranchées allemandes, y sèment le désarroi, massacrent une partie des occupants, et ramènent 24 prisonniers dont un sergent major.

 

 

A partir du 15 septembre, la Cie suit des cours théoriques et pratiques sur les projecteurs Livens ; une opération est envisagée. Le 23 septembre, une reconnaissance est menée dans le secteur du 39e CA. Une nouvelle est menée le 25, dans le secteur NNO d'Ostel. Le 26, un ordre de la 6e armée met la Cie à la disposition du 39e CA pour une opération par projecteurs.

Opération par projecteurs du 23 octobre 1917 dans le secteur de la ferme de Royère (Chemin des Dames), à l'est du fort de La Malmaison  : 

Le 29 septembre, la Cie s'installe à Bresles et Boues. Les 2 et 3 octobre, officiers et sous officiers procèdent à la reconnaissance des emplacements de batteries. Le 5, la Cie reçoit au dépôt d'Ostel 250 tubes Livens et 250 plaques de butée, qui sont portés en ligne le lendemain. 250 nouveaux tubes sont mis en ligne le 9. Le 21 octobre, les manipulateurs procèdent à l'installation des charges dans les tubes. Le travail est rendu très pénible par les tirs de munitions vésicantes allemandes. L'opération projetée sera réalisée dans le cadre d'une opération offensive. L'ennemi réagit dès le début de la préparation par une contre préparation avec des tirs d'artillerie très nourris, avec usage abondant d'obus vésicants et toxiques, essentiellement sur les lignes de soutien, les emplacements de réserve, les positions de batteries de la région d'Ostels. Le 39e CA perd 11 blessés, 54 tués et 150 intoxiqués et vésiqués le 20 septembre ; 28 tués, 108 blessés et 91 intoxiqués et vésiqués le 21.

Le 22, les trois équipes de nettoyeurs menées par le sous lieutenant Moraine, vont s'installer en position d'attente au PC Berry  ; ils reçoivent 3 jours de vivres de réserve. Ils se mettent en liaison avec les commandants de compagnies d'infanterie avec lesquels ils doivent fonctionner. L'assaut doit être donné le lendemain 23 octobre à 5h15.

Le 23 octobre, le transport des bombes du PC Berry aux batteries s'effectue de minuit à 4 heures sous un violent bombardement ennemi. Les manipulateurs mettent les bombes en place ; la vérification des fils est aussitôt faite, beaucoup sont coupés par éclats d'obus. A 5h15, les batteries pointées sur La Royère partent. Les exploseurs sont aussitôt débranchés et rebranchés sur les batteries de l'Abordage qui partent quelques secondes après. Le bombardement allemand est très importants et provoques plusieurs pertes au sein de la Cie. Plusieurs batteries ne sont pas parties et 121 bombes sont restées dans les tubes, essentiellement en raison de fils coupés par le bombardement  juste avant l'opération. Des sapeurs positionnés en premières lignes observent le résultat. Ils ne peuvent observer directement les points de chute des bombes en raison du grand nombre d'arrivée qu'il y a à ce moment. Mais ils peuvent ensuite observer les nappes de gaz qui se forment dans les ravins de La Royère et de l'Abordage.

Il est décidé d'utiliser la centaine de bombes restantes dès que possible. Le 24, le vent en journée est bien trop fort, de l'ordre de 10m/s. Et comme des éléments de la DI se sont portés en avant et pourraient être inquiétés par nos tirs, l'opération est reportée pour avoir finalement lieu à 17h15. De nouveau, 48 bombes ne partent pas et restent dans les tubes. Les fils sont de nouveau réparés et le tir est effectué. Le lendemain, le capitaine se rend sur les lieux abandonnés par l'ennemi et constate l'effet du tir. Le terrain a été occupé par le 220e R.I. dès le 26 ; il a trouvé le terrain abandonné. Sur place, le capitaine rencontre six bombes explosées et une intacte.

Le 28 octobre, la Cie part cantonner à Soissons, puis le 29 à Laversine où elle s'installe.

Opération du 24 novembre, secteur de Juvincourt : 

Le 7 novembre, le capitaine commandant le 32e bataillon et les capitaines commandant les Cie 32/1 et 32/2 vont reconnaître les nouveaux cantonnements dans le secteur du 5e CA où  une opération est envisagée. Le lendemain, la Cie part cantonner à Chaudardes. La reconnaissance est effectuée le 10 ; l'opération est une émission dans le secteur de la 125e DI, qui sera effectuée à l'aide de 500 bouteilles petit modèle, renforcée par un tir de projecteur, à l'est et à l'ouest de la Miette. Le jour J est le 21 novembre. La Cie part à minuit, fait le transport des bouteilles et le montage des nourrices ; le travail est terminé à 6h00. La direction du vent n'étant pas correcte, l'opération est ajournée. Elle à lieu le 24 novembre à 2h30, comme convenue, dans des conditions très favorables. L'ennemie n'a pas réagit.

 

 

 

 

Après une période de repos et de vaccination, la Cie se rend à Séraucourt le Grand où cantonne l'EM et la 3iem section, les 1er et 2e cantonnent à le Hamel. 

Le 31 décembre, le capitaine va reconnaître l'emplacement ou seront placées les batteries à l'est de Gauchy. Le piquetage est effectué le 3 janvier 1918. Les travaux se poursuivent jusqu'au 6 janvier, où la Cie reçoit l'ordre de faire mouvement pour le lendemain, direction Valmy et Hans. La Cie reçoit l'ordre de faire des travaux de défense. Le 24 février, elle embarque en direction de Jonchery sur Vesles et continue des travaux divers.

 

Opération par projecteurs du 16 avril 1918 à Juvincourt :

Le 10 avril, la Cie reçoit l'ordre de procéder à une opération par bombes, consistant à envoyer 390 bombes grand modèle et 100 petit modèle sur les zones d'abris situées à l'ouest de Juvincourt. L'opération doit avoir lieu dans les plus brefs délais. La reconnaissance des emplacements est faite le 12 et le lendemain le piquetage des batteries. 10 batteries sont affectées au Lieutenant Fuyard et 10 au Lieutenant Savary. Les tranchées sont creusées dans la nuit du 13 au 14 et les tubes y sont ensuite placés. Les bombes et charges sont transportées la nuit suivante et les batteries sont prêtes à fonctionner dans la journée du 14.

Les vents deviennent favorables le 16 et l'opération est programmée pour 20h40. Le tir d'artillerie commence en même temps que les batteries de projecteurs à l'heure fixée, sous un vent presque nul, à 0,5m/s. 22 bombes ne partent pas et un nouvel essai en fait partir 21 à 20h50. L'ennemi ne manifeste aucune réaction spéciale.

Le 29 avril, la Cie reçoit l'ordre de préparer les défenses de la ville d'Amiens.

Jusqu'au 1er septembre, la Cie est occupée à différents travaux dans plusieurs secteurs.

Opération par projecteurs de Wez, le 14 septembre 1918 :

Elle arrive le 1er septembre à Saint Hilaire au temple. Le 4, reconnaissance du secteur pour une opération par projecteurs, consistant à projeter 200 bombes sur le réduit des marquises, 100 sur celui du réduit Dayoust, 100 sur le réduit Bonaparte. Dans la soirée, les sections vont cantonner aux Petites Loges et l'EM à Mourmelon le Petit. Le 5, elles partent cantonner à Wez. Piquetage le 6, creusement et placement des tubes dans la nuit du 8 au 9. Le 9 au soir, chargement des tubes. Le 10, attente des vents favorables, qui se présentent le 14 dans l'après-midi. L'opération est projetée pour 22h20. A l'heure convenue, le tir d'artillerie qui devait avoir lieu ne se déclenche pas, mais les batteries de projecteurs sont mises à feu, sous un vent extrêmement favorable, à 0,8m/s.

 

Ce fut la dernière opération chimique pour la Cie.

 

 

 

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