Munitions allemandes
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Les munitions chimiques allemandes apparues en 1914 et 1915.

Les munitions chimiques allemandes apparues en 1916.

Les munitions chimiques allemandes apparues en 1917.

Les munitions chimiques allemandes apparues en 1918.

 

Classification et organisation intérieure des munitions toxiques allemandes.

 

La doctrine d’utilisation des munitions toxiques dans l’armée allemande fut complètement différente de celle des autres belligérants. Ainsi, les Allemands nommaient leurs munitions et les toxiques qu’elles contenaient en fonction de l’utilisation qu’ils avaient prévu d’en faire. Les toxiques portaient des appellations conventionnelles qui se rapportaient à leurs effets et non à leur nature. Pour identifier leurs munitions, ils firent appel à des codes de couleur et des marquages à froid, qui furent différents selon qu’il s’agissait de munitions d’artillerie ou de tranchée. La doctrine d’utilisation de l’artillerie chimique changea à plusieurs reprises tout au long du conflit et il en fut de même pour la codification de ces munitions. Contrairement aux Français et aux Anglais, les chimistes allemands cherchèrent constamment à améliorer leurs munitions, en créant de nouveaux types de projectiles et en innovant sans cesse pour trouver de nouvelles substances toxiques. Chaque nouvelle famille de toxiques utilisée imposait de refondre les tactiques et les doctrines d’emploi. Il fallait souvent de longs mois de tâtonnements successifs pour cerner l’utilisation optimale des nouvelles munitions.

La plupart des projectiles allemands étaient biblocs ; le culot ou l’ogive était vissé sur le corps de l’obus. Cela représentait un avantage notoire pour le chargement, puisqu’il suffisait de remplacer la charge par le toxique, versé directement dans le corps de l’obus ou enfermé dans un récipient en tôle, en plomb ou en verre si le toxique ne supportait pas le contact avec l’acier. L’étanchéité au niveau des joints était assurée par un ciment magnésien. L’amorçage était assurée par une fusée percutante instantanée associée à un détonateur monté dans une gaine métallique. La charge d’éclatement était constituée par une charge explosive de mélinite ou de tolite relativement importante dans un premier temps. Les chercheurs allemands chercheront à la réduire pour minimiser la dispersion et éviter que la chaleur ne détruise le toxique. Ils chercheront ensuite à l’augmenter considérablement pour masquer l’utilisation de munitions toxiques, qui ne produisaient pas la détonation puissante et habituelle des munitions conventionnelles, et pour donner aux munitions chimiques une capacité de destruction par l’explosion proche des obus habituels.

 

 

Production et chargement des projectiles toxiques dans l’armée allemande.

 

Les sources utilisées pour le paragraphe suivant sont les rapports du Colonel Vinet sur le développement de la guerre des gaz dans l’armée allemande, réalisés dans les années 1920, suite à la Commission Interalliée de Contrôle, en exécution de l’article 172 du traité de Versailles.

 

Au début de la Guerre, les établissement de l’Etat allemand ne possédaient pas d’installation susceptible d’être employée pour le chargement des engins à gaz. Les procédés de remplissage durent être abandonnés, dans un premier temps, à l’initiative et à l’expérience des usines productrices. Ainsi, les premiers projectiles envoyés aux armées en 1914 et 1915, ont été chargés dans les usines chimiques à Leverküsen, Höcht et Adlerhof près de Berlin. La production était alors très limitée et tomba à 24 000 par mois à la fin de 1915.

Mais, à partir de mars 1916, l’efficacité surprenante des obus français de 75 mm au phosgène incita l’artillerie allemande à demander de grandes quantités d’obus à gaz. Pour satisfaire à ces besoins imprévus, l’administration de la guerre se décida à créer par ses propres moyens, une installation spéciale pour la fabrication intensive des obus croix verte à la palite, dont la mise en œuvre avait été décidée.

Comme les militaires allemands n’avaient pas confiance dans la durée de conservation de ces chargements, on fixa l’emplacement du nouvel atelier au voisinage du front, en vue de réduire au maximum le moment entre le remplissage et le tir du projectile.

Le premier parc de munitions de campagne fut établi à Mancieulle, près d’Audun-le-Roman. En 1917, il fut transporté à Saulne et baptisé dépôt de munitions de campagne de l’Ouest. La même année, un deuxième dépôt fut créé à Varsovie pour le ravitaillement du front de l’Est ; sa capacité demeura très inférieure au premier.

Le parc de Mancieulles expédia aux armées, au cours de l’année 1916, 848 000 obus à crois verte. Les deux parcs, en 1917, expédient 3 980 000 obus croix verte (dont le chargement pouvait contenir de la palite, des cétones bromées, de la chloropicrine, du chlorure de phénylcarylamine).

Seulement, ces ateliers, d’une installation trop rudimentaire, n’avaient pas bon rendement. Depuis 1916, l’administration de l’Armée tendait tout ses efforts à établir une station centrale de chargement des projectiles à gaz, dont l’emplacement avait été choisi dans les immenses landes de Breloh, à proximité du camp de Munster. Cependant, la construction des nouveaux ateliers demanda beaucoup plus de temps que prévu, et ce ne fut qu’en 1918 qu’ils purent entrer en activité.

Entre temps, on avait adopté vers mars 1917, le chargement en ypérite des obus à croix jaune, pour lequel il fallut créer des installations spéciales car les usines productrices refusaient de se prêter à cette opération trop dangereuse pour leur personnel.

Avec l’atelier prévu à Breloh pour le chargement des obus à croix verte, on en prépara un autre pour les croix jaune ; mais en raison des longs délais que demandaient les travaux dans cette région, on dut créer d’urgence en mai 1917 un atelier supplémentaire à Adlershof, près de Berlin, qui devint le parc de munitions de campagne n°3 et qui fut exclusivement chargé de la fabrication des obus à croix jaune. Il livra :

2 120 000 projectiles en 1917

3 404 000 projectiles en 1918

Soit, au total, 5 524 000 obus dont 3 783 000 pour canon de campagne, 1 368 000 pour obusiers légers et 373 000 pour obusier de 150 et de 210.

Le chargement de ces projectiles comprenait l’ypérite mélangé de tétrachlorure de carbone ou de chlorobenzène (15 à 20%), ou bien 3 autres produits : le Cici (oxyde de méthyldichloré), le Dick (ethyldichlorarsine) et le Cyclon (cyacarbonate de méthyl).

Au début de 1918, le parc de munitions n°4 de Breloh-Lager entrait à son tour en activité avec ses puissants moyens d’action. Au moment de l’Armistice, il avait déjà livré aux armées :

3 994 000 obus à croix verte I

  427 000 obus à croix jaune I devenue croix verte III

1 070 000 obus à croix jaune à l’ypérite.

Les obus à croix jaune I devenues à croix verte III en été 1918, étaient chargés de Dick, ou du mélange de ce produit avec le Cici ou le Bibi (oxyde de méthyledibromé).

Les 4 parcs de munitions avaient le monopole des obus à croix verte et à croix jaune ; ils n’eurent jamais à s’occuper des mines, ni des grenades, ni des obus à croix bleus. Ces derniers furent fabriqués dans les ateliers de chargement en explosifs à qui on expédiait les bouteilles qui devaient être placées au milieu de la charge de tolite. Les mines et les bombes chargées en phosgène étaient remplies dans les usines chimiques en raison des difficultés présentées par la létalité du produit.

 

La consommation totale de l’artillerie allemande, en obus à croix verte, à été, en 1916, de 848 000 obus.

En 1917, avec les obus à croix jaune , à 6 099 000 obus. En 1918 : 8 886 000 obus, soit au total 15 833 000 obus (9 238 000 croix vertes et 6 595 000 croix jaunes).

On voit avec quelle rapidité la consommation de ces projectiles s’est développée en 1918, surtout à partir de l’apparition des obus croix jaune. Remarquons aussi que les obus de 77 mm qui n’étaient presque pas utilisés en 1916, sont passés à plus de 50% de la consommation totale en 1917 et 1918.

 

 

 

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