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Les munitions chimiques françaises.  

 

Mise en place et organisation des études.

 

 

 

Prologue : L’industrie chimique française et la Guerre à  la veille du 22 avril 1915 ; les raisons du succès du programme chimique militaire et industrielle français.

Dès les premières semaines de campagne, l’invasion allemande du Nord du territoire privait la France d’une partie importante de son patrimoine industriel chimique. Contrairement à l’Allemagne, le gouvernement français pensa à organiser les rapports entre l’Etat et les industrie chimiques et pharmaceutiques au premier jour du conflit.

 La production d’explosifs fut rapidement touchée, celle des poudreries nationales étant largement insuffisante. La rupture des approvisionnements était multifactorielle, mais prévisible ; importation de matières premières d’Allemagne, absence de marchés passés vers d’autres pays, absence de stocks et saisie des usines productrices de matières premières du Nord du Pays par l’ennemi. Dans l’urgence, de nombreux marchés furent passés avec des producteurs privés qui ne manquèrent pas d’imposer leurs conditions de prix.

Le 5 août 1914, fut créé l’Office des Produits Chimiques et Pharmaceutiques ou O.P.C.P., sous la direction du Ministère du commerce. Son rôle était d’assurer les approvisionnements en matières chimiques et leur répartition et contribuer à développer en France la production de ces produits. Monsieur Béhal, professeur à L’Ecole supérieure de Pharmacie de Paris  fut nommé directeur. En janvier 1915, un comité de direction fut nommé, constitué de députés, de chimistes et de professeurs éminents[1]. A la fin du mois de février, plusieurs personnalités rejoignaient le comité de direction de l’O.P.C.P. ; par la suite, toutes jouèrent un rôle important dans les recherches qui concernaient les gaz de combat. La première fut le professeur Albin Haller, éminent pharmacien dirigeant le Service des poudres. Puis Guignard, directeur honoraire de l’Ecole supérieure de pharmacie de Paris, Roux, directeur des services scientifiques et sanitaires et de la répression des fraudes au Ministère de l’Agriculture et enfin monsieur Weiss, conseiller d’état, directeur des mines au ministère des Travaux Publics.

Très rapidement, l’office recruta de nouveaux collaborateurs et Béhal ne cachait pas son objectif : conquérir le marché mondial de la chimie en profitant de la nouvelle économie de guerre qui s’était imposée à la France ; « jamais une occasion aussi favorable ne s’est offerte et très probablement ne s’offrira à la France industrielle de reprendre la place qu’elle occupait autrefois[2] ».  En effet, quelques mois plus tard, la réalisation industrielle nécessaire à la production de milliers de tonnes de gaz de combat, concrétisait les ambitions de Béhal et le renouveau de l’industrie chimique française. En juillet 1915, Cuvelette, nommé à la tête du Matériel Chimique de Guerre, s’exprimait ainsi : « Répondre aux nécessités urgentes de favoriser le développement de l’industrie nationale peut très bien se concilier dans la question du chlore. La grande industrie chimique des matières organiques est à peine existante en France. La fabrication du chlore est donc liée à la question industrielle très vaste et du plus grand intérêt pour l’avenir économique du pays ». 

Le chlore en question devait évidemment être utilisé à la production de vagues gazeuses et de gaz de combat.  Ces rapports étroits, liant les intérêts et pouvoirs publics et politiques aux pouvoirs privés,  dans une recherche de développement de l’industrie chimique, expliqueront  la promptitude avec laquelle le programme industriel de production de gaz de combat fut lancé et réalisé, comme l’absence de débat politique sur l’opportunité des représailles chimiques après le 22 avril 1915.


[1] Monsieur Astier, ancien président de jury international des produits chimiques et pharmaceutiques aux expositions de Londres, Bruxelles, Turin et Gand. Paul Painlevé, membre de l’Institut, député. André Lefèvre, député des Bouches-du-Rhone. Chapsal, directeur au Ministère du commerce et de l’industrie. Lindet, président de la société d’encouragement pour l’industrie nationale. Maquenne, membre de l’institut, professeur à l’Ecole centrale des arts et manufactures. Pelletier, Avocat. Vergniaud, auditeur au conseil d’Etat.

[2] Revue des produits chimiques, 15 février 1915.

 

L’attaque au gaz d’Ypres, comme le souhaitait l’état-major allemand, prenait l’armée française complètement au dépourvu. Les premières attaques par vagues, avaient intoxiqué et tué un grand nombre de soldats, sans pour autant permettre aux allemands d’obtenir un résultat probant. Malgré l’utilisation depuis le début de l’année 1915 des premières substances lacrymogènes, la France n’avait rien prévu, ni pour la protection de ses soldats, ni pour une éventuelle riposte. Le plus pressant fut de fournir un moyen de protection efficace à l’armée. Mais pour cela, il fallait savoir en premier lieu contre quoi se protéger, car personne chez les Alliés, ne savait avec précision quel gaz les Allemands avaient utilisé à Ypres. Il n’existait aucun d’organisme scientifique à qui confier la tâche de l’aménagement des recherches sur cette question.

Le général Curmer, de la Section technique du Génie, était depuis le début de la guerre chargé d’étudier toutes les propositions d’armes nouvelles comme les lance-flammes, les mortiers, ainsi que les moyens de protection de la troupe, comme les cuirasses. Dans l’urgence, le général en chef lui demanda de se mettre en relation avec les personnalités les plus qualifiées pour mener à bien les recherches. Les premières personnes à qui s’adressa Curmer furent André Kling, directeur du laboratoire municipal de la ville de Paris, et Gabriel Bertrand, chef de service à l’Institut Pasteur. Tous deux avaient déjà étudié les substances lacrymogènes et suffocantes en relation avec les autorités militaires et étaient les plus à même pour débuter les recherches. Kling, par ordre du ministre, se rendit à Ypres pour recueillir le maximum d’informations.

Sur place, très rapidement, le caporal Launoy précisait que la substance utilisée comme gaz par les allemands semblait être du chlore. Un autre rapport, rédigé le 22 avril par le pharmacien–major de deuxième classe Didier, du 36e C.A., conclut qu'il s'agit de chlore. Le 26 avril, c’est Bertrand qui, dans une lettre adressée au général Curmer, rapportait qu’il s’agirait vraisemblablement de chlore. Il précisait que l’industrie allemande en produisait en grande quantité et le vendait avant guerre à l’état liquide et sous pression dans de grands cylindres d’acier. Enfin, le 27 avril, Kling établit, à son tour, avec l’ingénieur du Génie maritime Cartier, qu’il s’agissait bien de chlore. Il proposait d’utiliser, plutôt que le bâillon humide, des pétards de poudre noire, qu’il suffirait d’envoyer, selon lui, directement sur la vague, quand celle-ci aborderait la tranchée. Cette proposition, pour le moins étonnante, montrait à quel point la question de la protection prenait au dépourvu les autorités militaires.

Le général Curmer se rendit au ministère (4e direction) et proposa au général Chevalier de constituer une commission réunissant quelques savants, pour envisager au plus vite les moyens de protection et de riposte. Celui-ci accepta en principe l’idée, mais préféra une simple réunion à une commission permanent. Cette regrettable opposition à la constitution d’une structure rationnelle, à la fois civile et militaire, fut à l’origine d’un manque cruel de centralisation des moyens de lutte contre les gaz, qui devait durer jusqu'à la création des services chimiques au mois de juillet 1915. Jusqu'à cette date, le sous-secrétariat de l’artillerie et des munitions entendait bien étendre son domaine d’attribution aux questions relatives aux gaz asphyxiants.

 

Le général Curmer convoqua donc, dans une réunion qui devait avoir lieu le 28 avril, au siège du comité du Génie : Messieurs Haller, Gauthier et Deslandres (ce dernier en tant que météorologiste), tous trois membres de l’Institut Pasteur, monsieur Kling, du laboratoire municipal, monsieur le professeur Bertrand, pharmacien de l’institut Pasteur, monsieur Urbain, professeur à la Sorbonne, monsieur Chaumat, sous-directeur de l’Ecole supérieure d’Electricité, monsieur le médecin principal de deuxième classe Arnauld, le colonel Mourral, de la Section technique du Génie, le lieutenant-colonel Jouhgandeau, de la Section technique de l’Artillerie, et enfin plusieurs représentants de l’industrie chimique.

Les questions abordées à cette réunion concernèrent les moyens de riposte dont pouvait disposer la France, évalués grâce à un mémoire rédigé par Monsieur Chaumat. Les experts tentèrent de définir les propriétés chimiques et toxiques des substances pouvant présenter un intérêt militaire. Ils proposèrent quelques composés dont on pouvait, selon eux, envisager l’utilisation au regard des difficultés de production. Mais malgré la bonne volonté des autorités présentent, il fallut se rendre à l’évidence : tout restait à créer pour rationaliser la mise sur pied de la riposte chimique attendue. On comprend alors la formidable avancée que les allemands possédaient, autant dans le domaine industrielle que dans celui des structures de recherches et des connaissances des propriétés physiologiques des composés chimiques. En effet, une des clefs qui manquait cruellement aux pouvoirs politiques et militaires pour la prise de décisions dans ce domaine, fut la connaissance des propriétés physiologiques des substances chimiques. Aucune classification n’existait alors et le flou le plus complet entourait les effets supposés des composés : suffocant, irritant, toxique, délétères, lacrymogène... Certaines substances furent considérées dans un premier temps comme simplement lacrymogènes (et de fait comme peu dangereuses ou non létales) alors qu’elles étaient des suffocants puissants (et donc susceptibles de provoquer la mort) et inversement. Il fut nécessaire d’attendre l’année 1916 et les travaux du laboratoire du professeur Mayer pour classer les substances chimiques en différentes catégories et en fonction de leurs capacités létales.

Il faut également noter que l’ensemble des études effectuées avant Guerre allaient rester inconnues jusqu’au mois d’octobre 1915. Cette carence incroyables des autorités militaire est certainement à porter au crédit du secret absolu qui avait entouré ces essais d’alors. Seul la classification en fonction des pouvoirs jugés délétères des composés chimiques, adoptée par Nicolardot, semble avoir été utilisée. Ainsi, comme nous le verrons plus tard, l’emploi de l’acide cyanhydrique et du phosgène sera retardé tant que l’Allemagne n’en aura pas fait usage, ou fait usage d’une substance réputée aussi dangereuse. La Palite utilisée par les Allemands dans des projectiles dès juin 1915 était pourtant aussi nocive que le phosgène. Kling la décrivait comme « une substance très toxique et déterminant sur les poumons des lésions en général très graves voire létale, d’action assez analogue à celle du phosgène » dès juillet 1915. Mais cette substance ayant été classé dans la catégorie des produits agressifs et non délétères, fut considéré par les militaires français comme un simple lacrymogène.

 

Weiss, qui s’était spontanément présenté au G.Q.G., fut sollicité par le général Curmer pour réunir une nouvelle commission faite de spécialistes en différents domaines, dans le but de concentrer toutes les informations relatives à cette nouvelle arme et surtout de coordonner les décisions qui devaient être prises. Le général Chevalier, directeur de la 4e direction, refusa la création d’un organisme officiel, mais une entente verbale fut trouvée. La nouvelle commission se divisa en trois sous-commissions :

- Recherches sur le front, confiées à A. Kling, dont le rôle était de déterminer les substances chimiques utilisées par l’ennemi et les moyens de les mettre en œuvre.

- Etudes et expériences, confiées à Weiss, qui fit appel aussitôt à de nombreux autres scientifiques de renom, dont notamment monsieur Lebeau, professeur à l’Ecole supérieure de Pharmacie de Paris.

- Un service de production et d’exécution, confié à la Section technique du Génie.

Le 2 juin, la Commission des gaz asphyxiants, sous la présidence de Weiss, se réunissait donc pour la première fois. Désormais, elle ne se réunira plus qu’une fois par semaine, alors que les réunions avaient lieu tous les jours jusqu’ici.

Weis proposa immédiatement un projet d’organisation des services chimiques français. Il souhaitait créer un nouvelle direction générale au sein du ministère de la Guerre, ce qui, encore une fois, souleva des protestations  de la part du sous secrétariat à l’artillerie. Le ministère de la Guerre confia malgré tout à Weis, le 18 juin 1915, la présidence d’une Direction du Matériel Chimique de Guerre (DMCG), dépendant de la 4iem Direction. Cette organisation subsista jusqu’au 23 juillet 1915, date à laquelle le colonel Ozil du Génie, pris la tête de la nouvelle direction. Entre temps, tout le service des substances chimiques passa sous la direction du sous-secrétaire d’état de l’artillerie et des munitions. Enfin, le 10 août 1915, la DMCG acquit son indépendance et devint une Direction générale, sous la direction spéciale du Ministère.

La France avait fait réaliser secrètement des études sur les substances agressives bien avant guerre. Débutées certainement vers les années 1904-1905, elles avaient conduit à l’énumération de l’ensemble des agressifs alors connues, pouvant être utilisées comme substances dites « puantes », des substances agressives en réalité. Suite à l’attaque sur Ypres, les autorités aussi bien militaires que politiques, s’accordèrent sur la nécessité de riposter vigoureusement à l’agression allemande. C’est lors de la réunion du 28 avril 1915 que l’on évalua les moyens de réplique dont la France disposait. On souhaitait aller vite mais, déjà, on réalisa la difficulté à laquelle il allait falloir faire face : la France ne disposait pas d’industrie chimique, elle ne produisait pratiquement pas de chlore et ne disposait pas de ressource en brome, des substances alors indispensables à la synthèse de l’ensemble des substances agressives connues. Le seul corps dont on pouvait disposer était le tétrachlorure de titane, baptisé fumigérite, en regard de ses propriétés principalement fumigènes. Il possédait néanmoins une valeur irritante assez modeste. Les premiers essais de projectiles[1] emplis de ce produit eurent lieu le 30 avril. Le 2 mai, les essais furent jugés satisfaisant, tout au moins comme un premier moyen à adopter. Les livraisons en fumigérite, débutèrent le 7 mai, à compter de seulement 500 kg par jour, ce qui se révèla rapidement insuffisant.

Le 4 mai eurent lieu les premiers essais de production de nappe gazeuse de chlore, qui devaient se poursuivre par la suite. Ainsi, les premières recherches en vue de riposter à l’attaque allemande, débutèrent très rapidement. On s’attendait à disposer de moyens efficaces d’ici la fin de l’été ; la réalité fut tout autre. Pour réaliser ce dessein, les responsabilités furent réparties. La recherche incombait à ce qui deviendra la section des produits agressifs, présidée par le colonel Perret, secondé par Charles Moureu. Ses 11 membres étaient tous d’éminents chimistes : Gabriel Bertrand, Victor grignard, Job, André Kling, Paul Lebeau, Marcel Delépine (qui remplaça Maquenne au début de 1916), Simon, George Urbain et Terroine. La logistique fut confiée à l’Etablissement Central du Matériel Chimique de Guerre, sous la direction de monsieur Cuvelette. Ce dernier se vit en charge de réaliser un véritable programme de développement industriel pour réaliser la production des substances nécessaires. Enfin, les études sur le front furent confiées à André Kling, afin d’identifier rapidement les nouvelles substances utilisées par l’ennemi. Immédiatement, il réussira à mettre en place une structure destinée à renseigner le G.Q.G. et l’I.E.E.C., sur la nature des toxiques utilisés lors de chaque attaque allemande et sur le type de munitions utilisées dans ce but. A chaque fois qu’une attaque était signalée, Kling se rendait sur place, accompagné par le médecin chef du centre médico-légal de la zone concernée, pour y effectuer une enquête complète et récupérer des échantillons. Le nombre d’attaques chimiques se multipliant rapidement, Kling ne fut rapidement plus en mesure d’effectuer toutes ces enquêtes, et ce rôle fut alors dévolu aux centres médico-légaux. Tous les projectiles supposés toxiques furent envoyés au laboratoire municipal de Paris pour y être démontés et examinés. Ainsi, on obtint des renseignements très complets sur les agressifs allemands, leur méthode de synthèse et sur les moyens de les disperser.

Deux voies de recherches furent explorées : la production d’une vague gazeuse et le chargement de substances agressives dans des projectiles. Il est impossible d’énumérer ici l’ensemble des recherches menées, tant le nombre de substances étudiées fut important. Nous nous bornerons à suivre celle ayant abouti.

[1][1] Des bombes de mortier de 58T, ou crapouillot.

 

 

Déroulement des études

 

 

Chaque substance proposée suivait toute une lente et complexe série d'épreuves, avant d'être retenue. Après avoir jugé des capacités de réalisation industrielle (coût, faisabilité), on appréciait ses propriétés agressives, toxiques et ses propriétés physiologiques, sa capacité à passer au travers des appareils de protection ennemis et amis. Parallèlement, de nombreux essais pour militariser cette substance étaient menés (chargement, stabilité des atmosphères, etc...).

 

 

 

Militarisation et atmosphères toxiques

 

Essentiellement, trois séries de tests différents étaient menées. 

 

Les deux premiers se déroulaient à Vincennes où avait été aménagé un puit d'éclatement et une tranchée témoin. Les essais en puit étaient pratiqués après avoir fait détonner un projectile chargé en substance à étudier, à l'entrée du puit ou à l'intérieur. On évaluait ainsi la puissance de la charge (éclatement des parois de l'obus, reste de toxique dans le corps de l'obus, tests réalisés avec différents types d'enveloppes de projectiles (fonte, fonte aciérée) avec différents calibres, différents explosifs...), on appréciait ensuite l'atmosphère toxique produite (concentration, stabilité et dosage divers) et enfin on évaluait l'effet du corps étudié en descendant un lapin au fond du puit, en observant ses réaction et en pratiquant éventuellement une autopsie. 

 

On pouvait ensuite évaluer l'action des substances en conditions réelles dans des tranchées aménagées, reproduisant les conditions du front, dans les tranchées aménagées spécialement au fort d'Aubervilliers sur lesquelles on dirigeait un tir réel, ou dans la tranchée de Vincennes où l'on faisait détonner des munitions par fusées électriques. Des animaux (chiens et lapins, parfois cobayes) étaient placés à différents endroits ; on observait leurs réactions, leur respiration et on comptabilisait les décès. Des prélèvements pouvaient être réalisés pour doser les toxiques. On évaluait ainsi la diffusion du nuage toxique, sa stabilité, sa persistance et sa nocivité.

 

Enfin, a Satory, des expériences de tirs et des essais de détonations des munitions étaient également pratiqués, à grande échelle. Des tranchées aménagées étaient également disponibles. Fréquemment et en dépit du danger que cela représentait, des expérimentateurs ou observateurs  étaient placés sur le trajet des nuages toxiques. Les membres de l'IEEC et de la Commission, n'hésitaient pas eux-mêmes à se placer à des endroits particulièrement dangereux, munis ou non d'appareils protecteurs, pour observer les effets des substances sur leur propre personne !

 

De nombreux essais étaient également menés pour juger de la stabilité de ces substances dans l'enveloppe du projectile (voir substances)

 

 

Etudes des capacités agressives et des propriétés physiologiques

 

D'une importance capitale, ces études furent menées essentiellement au laboratoire du professeur Mayer. On comparait également les capacités létales des différents toxiques entre-eux, et l'action de différents éléments (solvant, pureté du produit, action d'impuretés de préparation...). Ces essais étaient menés sur des animaux (lapins, chiens, cobayes) mais aussi parfois sur des volontaires sains, quand cela ne représentait pas de danger immédiat. On mesurait l'activité lacrymogène d'une substance en recherchant la dose minima qu'il était nécessaire de répandre dans une enceinte close pour que l'action sur l'oeil soit perceptible (procédé mis au point par les pharmaciens Dufraisse et Bongrand).

 

Le professeur Lebeau étudiait de son côté les capacités des différentes substances à traverser les masques allemands et français, à différentes concentrations. Une pièce entièrement étanche était aménagée dans laquelle on créait une atmosphère toxique à concentration connue (la concentration pouvait être maintenue tout au long de l'expérience si cela le justifiait) et des expérimentateurs entraient dans la pièce pour y rester le plus longtemps possible. Le professeur Lebeau et ses collaborateurs participaient régulièrement à ces expériences excessivement dangereuses, puisqu'il n'était pas rare qu'une personne soit intoxiquée.

 

 

 

 

 

 

 

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