Compagnies Z
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Les compagnies Z : les unités françaises de guerre chimique de 1915 à 1918

O. Lion 

O. LION, lieutenant-colonel (TA). Correspondance: Monsieur le colonel O. LION, JCBRN Defence COE Vita Nejedlého  Vyskov 682 – 01 Czech Republic.   

Résumé

Après l’emploi de vagues gazeuses en avril 1915 par l’Allemagne sur le front occidental, les Alliés vont très rapidement prendre la décision de riposter avec des moyens similaires. L’armée française va ainsi mettre sur pied des unités spécialisées dans l’emploi de la nouvelle arme chimique : les compagnies puis bataillons Z. Issues initialement de l’arme du Génie, ces unités regrouperont des combattants provenant de toutes les armes. Capables de remplir les nombreuses tâches de compagnies du Génie dans la guerre de position, les unités Z furent largement employées à la réalisation d’émission de vagues gazeuses.

Disposant d’une organisation, de matériels et d’une doctrine spécifiques, la création de ces unités s’inscrit dans l’adaptation générale de l’armée française à la guerre de position et à l’apparition des armes nouvelles. Les dispositifs statiques employés entre fin 1915 et début 1917 céderont progressivement la place à la neutralisation des positions souterraines et à l’emploi de mortiers chimiques de type Livens. Mais la suprématie affirmée de l’artillerie dans l’emploi de l’arme chimique marqua le glas de ce type d’unités Z qui disparurent définitivement de l’ordre de bataille de l’armée française en 1919.

Mots-clés : Compagnie Z. France. Guerre chimique. Histoire militaire. Première Guerre mondiale.

 

Abstract

Z COMPANIES: THE WW1 FRENCH CHEMICAL WARFARE UNITS. 

After the first German chemical attacks in April 1915 on the Western Front, the Allies quickly decided to retaliate with similar means. The French Army set up specialized chemical units called Z units dedicated to toxic clouds attacks. The creation of these units is part of the overall adaptation of the French Army to trench warfare. As a result of the supremacy of toxic shells used for chemical warfare, the Z units disappeared from the French Army in 1919.

Keywords : Chemical warfare. France. Military history. World War One. Z companies.

   

Introduction

Après l’emploi de l’arme chimique par les Allemands  à la fin d’avril 1915, les Alliés décidèrent très rapidement  de riposter en employant des moyens similaires. Ainsi,  le Génie reçoit et étudie les nouvelles techniques,  notamment sous l’égide de la Section technique du  Génie. Les premiers essais de production de vague  gazeuse ont lieu dès le 4 mai 1915. Mais les difficultés  à surmonter sont nombreuses, d’ordre industriel  et technique. Il faut aussi répertorier les secteurs se  prêtant particulièrement géographiquement à ce type  d’opérations. Par ailleurs, un certain retard est pris  du fait de la priorité donnée au chargement des obus  chimiques au début du mois de juillet 1915. En effet,  devant la difficulté à se procurer du chlore liquide, il  est décidé de différer l’émission de vague gazeuse pour  porter tous les efforts sur le chargement d’obus et de  bombes en substances agressives. Cet article relate  l’histoire des unités spécialisées dites « Z ».     

 

Historique

La création des compagnies Z, conséquence directe  de la « surprise » du 22 avril 1915. Par DM n° 2263/3/4  du 30 avril 1915, le Grand quartier général (GQG)  décide de disposer de « groupes spéciaux » du Génie  chargés de la mise en oeuvre des vagues dérivantes.  Le 2 mai 1915, il est décidé que le régiment des  sapeurs-pompiers de Paris fournisse du personnel avec  15 officiers, 15 adjudants, 50 sous-officiers, 75 caporaux  et 350 hommes devant être répartis en 3 groupes. Le  4 mai 1915 sont officiellement créées les compagnies  22/31, 22/32 et 22/33 mais leur mise sur pied n’a  été effective qu’à partir de la mi-septembre 1915. Il  s’agit des toutes premières unités de la spécialité et  sont officiellement nommées Compagnies Spéciales.  La lettre « Z » n’indique pas encore la spécialité de  guerre chimique. Il s’agit simplement de la lettre de  nomenclature des appareils spéciaux lance-flammes  ou d’émission de gaz. Par la suite, le 24 mars 1916  (note n° 16.169/GQG/1) par un souci de discrétion bien  compréhensible, il est décidé que les documents faisant  référence à ces unités les évoqueront sous le terme  générique d’unités Z sans plus faire figurer leur numéro.

Le volume initial est rapidement porté à six  compagnies et leur organisation est confirmée le 19 août  1915. Les effectifs de chacune des compagnies sont  multipliés par trois dès décembre 1915 pour atteindre  440 sapeurs. Au mois d’octobre 1915, les compagnies  Z participent au chargement des premières bouteilles  de chlore dans l’usine de « l’Acétylène Dissous » à  Champigny sur Marne. (1, 2).

En mai 1916, il existe ainsi trois bataillons : le 31e à  Amiens, le 32e à Châlons et le 33e à Remiremont. Les  compagnies passent du 22e bataillon aux bataillons de la  série « 30 » par note n° 16169/GQG/S du 24 mars 1916.  Le 31 mai 1917, une nouvelle organisation est proposée  avec la création du 34e bataillon. Cette proposition est  approuvée le 10 juin 1916. Tous les bataillons Z sont  inscrits à l’ordre de bataille du dépôt du 1er régiment  du Génie à Versailles. Mais en 1917, ce dépôt gère  environ 450 compagnies de tous types. Pour des raisons  administratives, le dépôt est alors dédoublé et donne  naissance le 1er juillet 1917 au 21e régiment du Génie.  Le 28 juin 1917, deux groupes sont formés, ayant  chacun 2 bataillons à 2 compagnies, dénommés 1er et  2e groupe Z. Le nombre de compagnies est ramené à 8  par suppression de la 5e compagnie du 31e bataillon. Il  est ainsi constitué dans chaque bataillon, par dissolution  de cette compagnie, une section de parc. Ainsi, en  juillet 1917, on compte 2 groupes Z à 2 bataillons.  Chaque bataillon était constitué de deux compagnies  Z et d’une section de parc. Les compagnies Z seront  finalement dissoutes entre mars et décembre 1919.

Si les premiers effectifs proviennent du régiment  de sapeurs-pompiers de la ville de Paris, les autres  viendront, dans un premier temps, des autres unités  du Génie. Mais les dépôts arrivant rapidement à court  d’effectif, d’autres armes sont sollicitées. Les 2e, 4e,  5e, 8e, 9e, 11e et 12e Cuirassiers ont ainsi fourni début  1916, 400 sous-officiers et soldats (note n° 84 4/2 du  8 janvier 1916). Par un réflexe compréhensible, les  dépôts des régiments concernés n’ont pas forcément  expédié l’élite de leur personnel… Le personnel est  finalement sélectionné dans « les dépôts en dehors de  ceux de l’Artillerie, du Génie et à l’exclusion des RAT  (Régiments de l’armée territoriale), de préférence ayant  déjà servi sur le front et qui se seraient fait remarquer  par leur sang-froid et leur énergie et particulièrement  résistants, surtout au point de vue respiratoire. Il  importe surtout que l’on puisse compter sur des gradés  et des hommes choisis ; ils opéreront en effet, dans  des conditions tout à fait spéciales ; ils agiront à peu  près isolément sur un front très étendu ; la surveillance  des gradés sera intermittente ; les hommes livrés à  eux-mêmes devront assurer le fonctionnement des  appareils en appliquant intégralement la consigne qu’ils  auront reçue avant l’action. Il faut donc que l’unité  soit constituée par des hommes disciplinés, calmes et  dévoués » (1, 2).

 

Emploi des compagnies Z

Chaque compagnie se compose d’une section hors  rang, de trois sections d’émission et d’un poste de  météorologie. En effet, le succès de telles opérations  est conditionné par les conditions météorologiques. Il  est impératif de surveiller en permanence, à différents  points du front d’émission, la vitesse et l’orientation  des vents. Afin d’éviter les perturbations dans la  dispersion, et notamment les retours du gaz toxique, la  vitesse moyenne doit être de l’ordre de 3 à 4 mètres par  seconde. Un temps couvert est préférable, notamment  en début ou en fin de nuit. Enfin, une pluie abondante  interdit l’emploi des vagues. Les créneaux utiles sont  très limités et essentiellement de nuit. Une compagnie  Z comprend en outre un médecin et six infirmiers, bien  nécessaires au regard des nombreux cas d’intoxications  lors des opérations.

  Les compagnies Z sont mises à la disposition des  Groupes d’Armées ou, éventuellement, directement  des Armées, à la demande. En février 1916 paraît la  première « Notice générale sur l’organisation et l’emploi  des unités spéciales dites « unités Z » », dont la dernière  édition date de fin janvier 1918. L’étude technique  incombe au commandant du détachement Z. Il détermine  les zones de terrain où l’opération est envisageable et  définit le plan général qui est adressé au GQG. Une  étude préliminaire détaillée permet la rédaction d’un  projet d’opération, soumis à l’approbation du Général  Commandant le groupe d’armée. Un compte rendu  succinct de l’opération projetée est envoyé au GQG.

À la différence des unités allemandes et britanniques,  les compagnies Z installent des postes d’émissions  souterrains protégés de l’artillerie par une épaisse  couche de terre et de rondins. La préparation impose un  travail long, pénible et soigné nécessitant d’importantes  quantités de matériel. Une section est chargée  d’équiper 1 000 mètres de front et peut mettre en oeuvre  simultanément 1 000 à 3 000 bouteilles. Un bataillon  peut donc équiper 6 km de front soit la mise en oeuvre de  6 000 à 36 000 bouteilles. Si l’acheminement est assuré  par le renfort d’unités d’infanterie, l’aménagement des  postes d’émission reste à la charge des compagnies Z.  Tous ces travaux doivent être discrets pour préserver  le secret et ne pas attirer la riposte ennemie.

Lorsque  les conditions favorables à l’émission se présentent, les  compagnies sont alertées par le commandant de l’unité.  L’heure de l’attaque est fixée par le général commandant  la division ou le groupe d’armée, sur proposition du  commandant de l’unité Z. L’attaque déclenchée, son  déroulement est surveillé en permanence grâce à une  liaison constante entre les postes météorologiques et les  postes d’émission. Il faut compter entre 5 et 7 semaines  entre la première reconnaissance du commandant d’unité  et la fin des travaux (bouteilles à poste). Les délais varient  selon la nature du sol, les conditions atmosphériques, la  main-d’oeuvre et le matériel disponible. Au final, entre  la prise de décision à l’état-major d’armée et l’émission,  il s’écoule généralement 3 mois, à 15 jours près. Les  vagues dérivantes sont rapidement considérées comme  un moyen d’attrition et non comme une arme miracle  capable de favoriser la percée. 

Lorsque les unités Z ne sont pas utilisées à leur  mission principale, elles sont employées à des tâches  d’organisation du terrain (aménagement de tranchées,  d’abris et d’observatoires, pose de lignes téléphoniques,  réfection de routes, exploitation de carrières, remise  en état de voies ferrées). Les compagnies Z ont  aussi participé aussi au camouflage des axes et à la  construction de gares factices.  La première opération des compagnies Z devait se  réaliser dans l’Aisne, près du mont Têtu. L’attaque,  programmée pour le 3 décembre 1915, a été repoussée à  plusieurs reprises pour finalement être annulée pour des  raisons météorologiques et techniques. D’autres travaux  étaient prêts dès le 8 décembre 1915 près de La Main de  Massiges mais la mission a été finalement annulée.

La  première opération a pris place finalement au nord de  Reims le 14 février 1916 avec 2 700 bouteilles contenant  108 tonnes de chlore. Au total, 54 opérations majeures  d’émissions peuvent être recensées entre février 1916  et mai 1918 (1, 2). 

 

Techniques et tactiques d’emploi de la  vague gazeuse

La vague gazeuse dérivante est le mode d’attaque  par gaz de combat consistant dans la production d’une  nappe continue de gaz lourds, se propageant sur les  lignes ennemies, pendant un temps plus ou moins  long. Ces gaz collent au sol, coulent dans toutes les  cavités naturelles et artificielles où ils s’accumulent. Les  compagnies Z utilisent trois types de bouteilles : type  lourd (70 kg pour 40 kg de gaz, 1,25 m de haut), type  moyen (50 kg pour 27 kg de gaz, 0,90 m de haut), type  léger (25 kg pour 15 kg de gaz, 0,75 m de haut). Les  bouteilles sont vérifiées et chargées par l’Établissement  du matériel chimique de guerre dans ses usines de la  région parisienne. Les sapeurs Z doivent contrôler et  installer les bouteilles et les diffuseurs. Une fois la  mission réalisée, le démontage est nécessaire ainsi que le  traitement des inévitables ratés. Les accidents sont assez  fréquents, notamment à cause de fuites sur le matériel  d’émission. La vague, composé de chlore, ou d’un  mélange chlore-phosgène, peut être rendue opaque par  l’adjonction d’un fumigène, l’opacite (chlorure d’étain).

L’émission des vagues est assurée exclusivement par  les sapeurs des compagnies spéciales du Génie. Les  hommes sont munis d’appareils respiratoires spéciaux  qui leur permettent de survivre dans des atmosphères  extrêmement concentrées (appareils Tissot grand modèle  ou Tissot « à queue »). En principe, deux hommes sont  affectés à un poste d’émission. Un caporal surveille  5 postes, un sergent 12 postes, un lieutenant et un  adjudant 25 postes chacun.

 Loin de rechercher la percée du front, les émissions de  vagues cherchent à harceler l’adversaire et lui provoquer  des pertes. Elles ont aussi pu parfois servir à préparer  des coups de main sur des objectifs limités. Tout au  long du conflit, de nombreux procédés (cadencement,  durée) ont été élaborés pour surprendre l’ennemi lors  des émissions. Si le matériel léger permet la surprise,  le matériel lourd est bien moins discret. Au moment  de l’émission, l’effet de surprise est obtenu grâce à la  simultanéité de l’ouverture des cylindres sur tout le  front d’émission, à la couverture du bruit de l’émission  et par l’emploi d’une vague claire ou opaque. Une  concentration élevée en toxique doit permettre de  saturer les appareils de protection de l’ennemi. Dans  des conditions atmosphériques favorables, la portée  nocive de la vague peut s’étendre sur plusieurs dizaines  de kilomètres derrière les lignes (1, 2).

 

Évolution de l’emploi des unités Z 

Les compagnies spécialisées du Génie ont aussi été  utilisées lors d’actions ponctuelles visant à déloger  l’ennemi retranché dans les profondeurs des creutes  (nom des carrières dans la région) du Chemin des  Dames. En effet, les troupes allemandes pouvaient  disloquer les attaques françaises, à partir ces positions  souterraines quasi-inexpugnables. Si l’artillerie peut  neutraliser les entrées, seul un assaut direct, souvent  appuyé par les compagnies Schilt (lance-flammes)  permet de se rendre maître de la position. Mais il faut  ensuite déloger l’ennemi des profondeurs. En ultime  recours, l’émission de gaz est envisagée. Une note du  3 octobre 1917 précise ainsi que « Les détachements de  nettoyeurs Z sont à mettre en oeuvre quand les grenades  et les Schilt ne parviendront pas à réduire la garnison  de l’une des cavités qui parsèment la zone d’action du  CA. Leur procédé consiste à injecter des gaz toxiques  dans les cavités à purger d’ennemis. Ce procédé ne doit  être employé qu’en dernier ressort après l’échec de tous  les autres moyens car il a comme résultat de rendre  inoccupable durant un temps assez long, 24h au moins,  les abris où il est employé ». Après une reconnaissance  minutieuse, les détachements Z doivent progresser  avec la seconde vague d’assaut vers l’objectif repéré  afin d’appuyer les éléments d’attaque en cas de besoin.  Ce procédé a notamment été utilisé à la Caverne du  Dragon, le 25 juin 1917. Au final, il reste difficile de se  prononcer sur l’efficacité réelle. En effet, la préparation  technique minutieuse reste incompatible avec les  aléas des combats. De plus, les risques d’intoxication  des troupes amies sont élevés. Enfin, les creutes ont  souvent été réduites par d’autres moyens (artillerie,  lance-flammes) sans qu’il soit nécessaire d’engager les  unités Z (3).

Fin 1916, un officier britannique, le lieutenant  Livens, met au point un système permettant d’expédier  directement les bouteilles de gaz chez l’ennemi afin  de s’affranchir des contraintes météorologiques et des  techniques des vagues. Un tir rapide et massif facilite  la concentration du toxique, favorise la surprise,  diminue les délais d’alerte chez l’ennemi et réduit le  temps disponible pour revêtir le masque. Le « Livens  projector » est un simple tube d’acier fermé et arrondi  à son extrémité antérieure. Il repose sur une plaque  d’appui qui limite le recul et l’enfoncement dans le  sol. L’angle de tir est constant (45°), donné en plaçant  le tube dans une tranchée triangulaire. Chaque tube  40 ne lançant qu’une seule bombe, ils sont disposés par  groupe et le tir est déclenché électriquement. La bombe  d’acier se présente sous la forme d’un cylindre aux  extrémités arrondies qui contient 11 litres de toxique.  À l’automne 1917, le gouvernement britannique met à  la disposition des forces françaises 1 000 projectors. Les  résultats obtenus sur l’Aisne ont été si encourageants  que le 1er groupe Z se consacre entièrement aux attaques  par Livens. La mise en batterie nécessite toutefois un  important travail effectué le plus souvent de nuit et à  proximité de l’ennemi. Il n’est pas possible de changer  rapidement de position une fois les pièces installées. Une  batterie ne peut généralement se mettre en place et tirer  qu’une seule fois par jour tout en étant très vulnérable.  La mobilité limitée reste un handicap et impose une  grande discrétion pour permettre d’agir par surprise (4).

 

Alliés et Centraux : d’autres unités de  guerre chimique 

Les principaux belligérants qui ont mis sur pied des  unités dédiées à la guerre chimique ont adopté une  organisation comparable.

L’Allemagne met sur pied fin mars 1915, et pour cause,  ses premières unités chimiques. En avril-mai 1915,  sont créés les Pionier-Regiment 35 et 36 (2 bataillons  à 3 compagnies et une compagnie de dépôt, une station  météorologique et un centre radio). En août 1917, ces  2 régiments furent transformés en 4 Pionier-Bataillon.  L’année 1918 voit la création du Pionie-Bataillon 39 en  février et en juin des Pionier-Bataillon 94, 95 et 96. Cette  augmentation est liée à la mise en service des Gaswerfer,  copie allemande des Livens.

La Grande-Bretagne crée à l’été 1915, 4 Special  Companies et en 1916 la Special Brigade. Cette  grande unité spécialisée est composée de 4 Special  Battalions à 4 compagnies (émissions de gaz), de  4 Special Companies équipées de mortiers, de  4 Special Sections équipées de lance-flammes, d’un  état-major et d’un dépôt.  Aux États-Unis, le War Department autorise le  15 août 1917 la création d’un Gas and Flame Regiment,  le 30th Engineer Regiment (Gas and Flame) qui devient  le 1st Gas Regiment le 13 juillet 1918. Six compagnies  sont créées en novembre et décembre 1917. Les deux  premières gagnent la France dès décembre 1917 et  les autres entre février et juin 1918. Six compagnies  supplémentaires sont créées en octobre 1918 mais ne  sont pas déployées.

Après une formation spécifique,  les soldats américains sont intégrés dans des unités  britanniques de la Special Brigade en position sur le  front afin de se familiariser avec les techniques et les  tactiques offensives. En gagnant la première ligne moins  de trois mois après la fin de leur montée en puissance  et six semaines après leur débarquement en France,  le 1st Battalion du 30th Engineers détient le record de  rapidité d’engagement de toutes les unités combattantes  de l’American Expeditionary Force.

 

Conclusion

Les services chimiques français ont su mettre en  oeuvre des vagues gazeuses dérivantes sans négliger le  développement de l’artillerie chimique. L’organisation  et les procédés français sont devenus de plus en plus  complexes et se sont progressivement différenciés  des méthodes allemandes ou britanniques. Même si  les compagnies Z n’ont pas réalisé l’effort majeur de  l’armée française en matière de guerre chimique, elles  n’en restent pas moins un exemple concret d’adaptation  réactive aux évolutions techniques et tactiques de la  guerre de position entre 1915 et 1917. Toutefois,  l’amélioration croissante des projectiles chimiques et  le retour à des combats plus mobiles vont marquer le  glas de ces unités spéciales qui disparaîtront rapidement  de l’ordre de bataille après l’Armistice de 1918.

L’auteur déclare n’avoir aucun conflit d’intérêt  avec les données présentées dans cet article. 

 

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1. Lejaille A. http://www.guerredesgaz.fr/, consulté le 10 août 2015.

2. Service Historique de la Défense (Vincennes), journaux de  marches et opérations des compagnies Z : 26 N 1256, 26 N 1260  et 26 N 1261.

3. http://souterrains.vestiges.free.fr, consulté le 27 décembre 2007.

4. Lion O. Les États-Unis face au défi de la guerre chimique sur le front  occidental 1917-1918, mémoire de master II, Paris : École pratique  des hautes études, 2008. 

 

 

 

 

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