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Les principaux gaz de combat utilisés pendant la Grande Guerre.

Généralités sur les gaz de combat

Le terme de gaz de combat est abusif car, en réalité, la plupart de ces substances sont employées sous forme solide ou liquide. On emploie donc plus volontiers le terme d’agressif chimique.

Pendant la Première Guerre mondiale, de nombreux toxiques seront mis au point, testés, développés puis utilisés ou oubliés. Dans la réalité, une substance chimique a l'obligation de répondre à différents critères. En premier lieu, on comprend aisément qu’elle doit avoir une toxicité relativement élevée. Cette toxicité peut être quantifiée par un indice qui exprime la dose toxique minimale tuant un homme, en un temps donné[1]. Cependant, cet indice ne traduit pas l’agressivité de cette substance, puisqu’un toxique peut avoir de puissants effets lacrymogènes ou vésicants, sans être mortel. On comprend donc que la toxicité d’une substance chimique ne permette pas de juger de son efficacité comme agressif chimique.

Cette méconnaissance fut à l’origine d’essais peu concluants, de plusieurs substances réputées extrêmement toxiques, mais peu efficaces sur le terrain (comme l’acide cyanhydrique et l’hydrogène arsénié). Pour contaminer un terrain, cette substance doit posséder une densité très supérieure à celle de l’air, afin d'éviter sa dispersion dans l’atmosphère. Ainsi, un gaz se révèle difficilement utilisable dans ces conditions, mais une substance liquide libérant une phase gazeuse, lentement, dans l’atmosphère, semble bien préférable. La durée d’évaporation du liquide définit ainsi la persistance du toxique sur le champ de bataille.

Enfin, cette substance doit répondre à plusieurs impératifs techniques. En premier lieu, elle doit être préparée facilement, et à faible coût, conditions impératives à une production de masse. Car la guerre des gaz, lors du Premier Conflit mondial, est avant tout une guerre industrielle. Les Allemands ont d’ailleurs utilisé le chlore en premier lieu, car il constituait un déchet industriel dont ils disposaient en quantité, à très faible coût. Cette substance doit également être stockée facilement, avec un maximum de sécurité, tout en gardant son potentiel d’agressivité (donc sans se dégrader). Enfin, il faut impérativement qu’elle se prête à un chargement en projectile, ou à une dispersion par vague, ceci impliquant de nombreuses caractéristiques physico-chimiques très strictes.

Nous allons aborder succinctement ces différents produits en les classant suivant leurs effets physiologiques sur l’organisme.

 

Classification des gaz de combat

Il existe plusieurs modes de classification des substances agressives, communément appelées "gaz de combat". Il est habituel de les classer selon la nature et les effets qu'elles produisent sur l'organisme ; un corps déterminé pouvant se ranger dans une ou plusieurs catégories à la fois.

Les suffocants agissent essentiellement sur les poumons ou ils déterminent de graves lésions qui vont perturber les échanges respiratoires dans cet organe. Ces lésions de l'épithélium pulmonaire peuvent conduire à la mort par asphyxie. Les suffocants sont responsables de la majorité des décès provoqués par l'arme chimique, au cours du Premier conflit mondial. Le chlore en est le chef de file, essentiellement utilisé dans les vagues gazeuses. On trouve également le phosgène et ses dérivés (palite et surpalite), ainsi que la chloropicrine.

Les irritants ont une action généralement localisée au niveau des yeux et des voies respiratoires. Leur seuil d'action est généralement très bas ; leur action irritante se manifeste pour des concentrations très faibles, de l'ordre de quelques milligrammes par mètre cube d'air. On divise généralement les irritants en deux sous-groupes, les lacrymogènes et les sternutatoires.

Les irritants lacrymogènes exercent leur action dès le début de l'exposition. Cela se traduit par des douleurs oculaires et une sensation de brûlure des muqueuses du nez et de la gorge. Le nez "coule", les yeux "pleurent" et une conjonctivite importante conduit à une cécité provisoire. Après exposition, les symptômes régressent rapidement et dans la plupart des cas ne laissent pas de séquelles. Notons cependant que beaucoup de substances lacrymogènes utilisées lors de la Première Guerre mondiale, possédaient des effets suffocants, parfois importants, qui pouvaient conduire à des accidents mortels en cas de forte concentration.

Les irritants sternutatoires, ou arsines irritantes, exercent leur action au niveau des voies respiratoires supérieures, irritant les muqueuses du nez et de la gorge. Ces effets apparaissent après un certain temps de latence, variant de moins d'une minute à une vingtaine de minutes. Cette action, une fois la victime retirée de l'atmosphère contaminée, s'exerce encore pendant 4 à 6 heures.

Les vésicants exercent leur action dans l'organisme, en traversant toutes les surfaces qu'ils touchent et en provoquant des lésions souvent irréversible, de façon différé. Ils détruisent la structure cellulaire de tout élément vivant avec lequel ils sont mis en contact.

Les toxiques généraux traversent la barrière alvéolaire pour pénétrer dans l’organisme où ils exercent leur action, sur différents organes.

 

Utilisation des gaz de combat

Différents procédés furent utilisés pour militariser les gaz de combat. 

Les vagues gazeuses dérivantes furent les premiers de ces procédés. Elles étaient produites en laissant s’échapper de bouteilles d'acier, des gaz nocifs que le vent devait porter jusqu’aux lignes ennemies. 

L'artillerie chimique fut utilisée dès le début de la Première Guerre mondiale. Elle évolua tout au long du conflit pour devenir le vecteur principal de dissémination des armes chimiques. 

 

 


[1] Il s’agit de la constante de Haber.

 

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