Les tampons
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Le tampons allemand.

Ces protections primitives apparaissent quelques mois après les baillons.

La nature de la substance neutralisante, destinée à imprégner ces appareils, est une solution à base d'hyposulfite de soude. Elle ne protégeait donc que contre des concentrations de chlore modérées.

 

Les tampons allemands sont fréquemment appelés Groins.

Il parait, aujourd'hui encore, difficile de fixer avec précision la date d'apparition de ces appareils, dont on distingue au moins trois variantes.

La multiplication des attaques allemandes imposa la mise en place d’un nouvel appareil de protection plus performant que le précèdent, des intoxications ayant certainement eu lieu lors de changement de vent, ou lors de fuites des cylindres de chlore. Les Allemands se doutaient également que la riposte alliée ne devrait pas tarder. Un nouveau type de masque fit donc son apparition, probablement dans l'urgence et en attente du nouveau masque complet, le gummimaske.

Il permettait de ménager une cavité devant la bouche et le nez, pour permettre l’usage de la parole, et éviter que l’air inspiré ne passe toujours par le même chemin. Pour éviter la déshydratation de la substance neutralisante, celle-ci était désormais conservée dans un flacon de verre ; on en imbibait le tampon avant utilisation.

Le nombre de variantes identifiées à ce jour, laisse à supposer qu'il s'agissait de fabrications locales et temporaires.

Tampon et lunettes (françaises!) portés par un officier würtembergeois en forêt d'Argonne (octobre 1915). Le modèle est différent de celui présenté en haut de la page.

 

 

 

 

 

Les premiers exemplaires trouvés par les armées françaises seront envoyés à l’IEEC à partir de la fin du mois d’août 1915. Un de ceux-ci, apporté par le pharmacien major, directeur du laboratoire de chimie de la 3e armée, sera analysé par Kling, au laboratoire municipal de Paris. Le rapport est daté du 21 septembre 1915, et stipule :

 

« Cet appareil de protection se compose d’une pochette en toile imperméable renfermant le bâillon et un petit flacon contenant le liquide destiné à imprégner le bâillon.

1° Bâillon. – Il a la forme d’un groin et est constitué par deux feuilles de coton légèrement feutré, entourées des deux côtés par du calicot gris verdâtre. A la hauteur du nez se trouve une tige d’acier faisant office de ressort pour assurer l’application du bâillon sur le nez. Un fil métallique, courbé en arc de cercle et occupant la partie médiane du bâillon, assure la fixité de la forme. Deux cordons, s’attachant autour du cou, permettent de fixer l’appareil sur le visage.  

2° Flacon. – Il contient environ 50 cm3 de la composition suivante :

Hyposulfite de soude cristallisé…….183 grammes.

Carbonate de soude anhydre…….….63        -

Eau                                Q.S. pour un litre.  

3° - Sur la pochette se trouve imprimée la notice :

‘’ Emploi du tampon antiasphyxiant : Imprégner le bâillon de la solution antiasphyxiante et le poser sur le visage de façon que le bourrelet se plaque exactement sur le nez. Serrez ensuite fortement les cordons autour du cou afin que la bâillon s’applique bien sur le visage. Après usage, remettre le tampon dans son étui’’.

Dans l’étui se trouvait également un petit sac noir renfermant encore quelques décigrammes de chlorure de sodium.  

Le directeur du laboratoire, signé : Kling ».  

Ci-dessus : fantassins bavarois équipés de l'appareil de protection décrit dans le rapport de André Kling daté du 21 septembre 1915.

 

 

Fantassin du 106e I.R. équipé d'un tampon rudimentaire. Noter la pochette spécifique posée sur la cartouchière.

 

L’utilisation de cet appareil en forme de groin est fréquemment relatée dans les rapports des troupes du front, adressés à l’IEEC, jusqu’à la fin du mois d’octobre 1915. Certains stipulent également l’utilisation de cagoules similaires aux modèles français. 

 

Ces nombreux rapports français permettent de différencier au moins trois variantes :

- La première est composée d'une seule pièce, elle-même constituée par plusieurs couches

- La deuxième variante est fabriquée en deux pièces d'étoffe légère, renfermant chacune des déchets de filature. La rigidité de la forme est assurée par un fil métallique courbé en arc de cercle et occupant la partie médiane du groin. A la hauteur du nez se trouve une tige d'acier faisant office de ressort et assurant une bonne étanchéité à ce niveau.

- Enfin, la dernière est constituée de deux armatures en toile métallique, entre lesquels se trouve placé quelques grammes de papier de soie.  

 

En comparaison aux baîllons utilisés précédemment, le groin permet l'usage de la parole et le passage de l'air sur toute la surface du tissu. Seulement, il ne s'agit encore que d'une protection extrêmement rudimentaire ne protégeant, dans le meilleur des cas, que contre de faibles concentrations de chlore. Or, l'Allemagne utilise depuis la fin du printemps 1915 d'autres substances agressives, et bien que les spécialistes d'outre Rhin ne prévoyaient pas la réplique alliée avant plusieurs mois, la question de la protection devait être rapidement résolue.  
Ci-dessus : Fantassins sur le front des Vosges.

 

 

 

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